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Comme un hic

Politique et lobby de l’alcool

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Lucie Castel. CC BY-NC-SA.

Dernier volet de notre enquête ouverte consacrée à l’alcool : le poids des lobbys et leur pouvoir d’influence. En Belgique, comme dans d’autres pays européens, la bière pèse lourd en termes d’emplois et de retombées économiques. Les lobbys alcooliers sont puissants. Ils ont les faveurs de nombreux décideurs politiques et ont déjà remporté plusieurs batailles, au détriment de la santé publique et de la protection des mineurs.

C’était le 9 novembre 2010. La Belgique est alors sans gouvernement depuis sept mois. La crise va s’éterniser pendant plus d’un an encore. Le pays est au plus fort des tensions communautaires. Dans un local annexe du parlement flamand, un événement surnaturel se déroule ce jour-là : des parlementaires wallons, flamands et bruxellois discutent et rigolent autour d’une bonne bière. Il y a même un député N-VA parmi les joyeux lurons.

Témoin de l’événement, Le Vif/L’Express ironise : « La bière comme socle de l’identité nationale, on ne sait trop s’il faut en rire ou en pleurer… » Quelques mois auparavant, le député Open VLD Sven Gatz, zythologue amateur, annonçait le lancement du Belgian Beer Club : un groupe de parlementaires nationaux et régionaux ayant pour ambition de défendre le patrimoine brassicole belge et son importance économique. Sans oublier les recettes fiscales qu’il produit, glisse le député MR Philippe Goffin, toujours au Vif.

Un poids lourd

La bière, avec ses 5 814 emplois directs dans les 261 brasseries belges, ses 49 000 emplois indirects, ses 7,5 millions d’hectolitres engloutis chaque année (et plus du double exporté) et le quasi-milliard d’euros de revenus fiscaux (accises et charges sociales comprises), ça pèse lourd sous le ciel belge ! Gatz n’aura d’ailleurs pas de mal à trouver des parlementaires pour le rejoindre au bar. Didier Reynders, Joke Schauvliege, Dirk Van Mechelen, Vincent Van Quickenborne, Bart Tommelein ou encore Benoît Cerexhe montent à bord, avec bien d’autres. L’ex-ministre bruxellois CDH (qui avait la santé dans son portefeuille) – et actuel bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre – remplacera Gatz en 2011 à la tête du club, celui-ci étant parti prendre la tête de la Fédération des brasseurs belges, l’organisme qui regroupe tous les acteurs du secteur au niveau national.

Les prises de position publiques du club sont rares, et celui-ci ne dispose pas d’une page internet. En 2015, il lance un appel pour que l’on serve de la bière belge dans les réceptions aux différents parlements plutôt que du vin ou du cava. Il faut écrire à son actuelle présidente, Sabien Lahaye-Battheu (Open VLD), pour en savoir plus, puisque, côté wallon, le ministre Jean-Luc Crucke (MR), son ancien vice-président, a oublié – selon sa porte-parole – qu’il a occupé cette vice-présidence.

Madame Lahaye-Battheu, députée depuis 2003, n’a pas hésité beaucoup avant d’accepter cette présidence, nous dit son attachée parlementaire : elle habite et est née à Poperinge, « ville du houblon par excellence » et « à la maison, le monde de la bière n’est jamais loin. Son mari, Philip Lahaye est un détaillant indépendant en boissons. » Accessoirement, il a été durant vingt ans président du conseil d’administration de la Fédération belge des distributeurs en boissons (Febed), lobby qui représente 630 négociants en limonades, eaux, bières et spiritueux (chiffre d’affaires groupé : 2,1 milliards d’euros). Philip Lahaye, qui a été premier échevin à Poperinge pour le compte du VLD au début des années 2000, reste, aujourd’hui, un des administrateurs de la Febed.

Sabien Lahaye-Battheu décrit en quelques lignes l’activité plutôt calme du Belgian Beer Club, qui compterait une centaine de membres : deux rencontres par an sont organisées autour de différents thèmes tels que « bière et santé, la dimension économique et sociale du secteur brassicole » ou encore « l’importance de l’horeca ». Parmi les invités de ces rencontres, on trouve notamment la sommelière brassicole Sofie Vanrafelghem, l’administratrice déléguée de l’Institut belge pour la sécurité routière Karin Genoe ou bien le professeur Philippe De Witte (KUL).

Avant sa retraite, De Witte a été directeur du laboratoire de biologie comportementale à la KUL et ses recherches se concentrent notamment sur l’alcoolisme et le traitement des addictions. Il est aussi lié à l’industrie brassicole en tant qu’ancien président du conseil consultatif de l’ERAB (European Reseach Advisory Board), une fondation d’utilité publique fondée par « Brewers of Europe », le lobby européen de l’industrie brassicole, dont la Fédération des brasseurs belges est membre.

D’après ses statuts, l’ERAB a pour « but de promouvoir la connaissance scientifique et l’éducation concernant les effets médicaux, biomédicaux et socio-comportementaux des boissons alcoolisées en général et de la bière en particulier ». Elle vise aussi à financer de la recherche en ces domaines. Mais sur son site internet, l’ERAB se présente comme une fondation de recherche « indépendante », simplement « soutenue » et non pas fondée par Brewers of Europe.

Et le Belgian Beer Club, il est indépendant, lui ? Jean-Louis Van de Perre, président des brasseurs belges, préfère parler de « co-initiative » lorsqu’il s’agit du Beer Club. Passé chez AB Inbev et Exxon Mobil, M. Van de Perre explique que « la bière est un des premiers produits d’exportation belge et qu’il n’est pas anormal que le monde politique cherche à s’informer ».

Pour entériner ces bons liens, la personnalité politique pourra par ailleurs se voir proposer de devenir membre d’honneur dans la « Chevalerie du Fourquet des Brasseurs », héritière de la guilde des brasseurs, hébergée dans les locaux de la Fédération des brasseurs et intimement liée à celle-ci. Elle compte de nombreu­ses brasseries belges dans son conseil d’administration. Parmi les heureux politiques élus, Didier Reynders, Kris Peeters, Alexander De Croo et, depuis septembre dernier, Charles Michel, intronisé membre d’honneur en même temps que Carlos Brito, CEO d’AB InBev.

Pour parvenir à ce petit graal, il faut avoir apporté « une grande contribution au secteur brassicole belge sur le plan commercial, politique ou sociétal ». Comment, par exemple ? Jean-Louis Van de Perre a soufflé, ce jour-là, sa petite idée au Premier ministre, rapportée par Belga : « Éviter les hausses d’accises à l’avenir peut y contribuer. […] Peut-être pouvez-vous aider sur ce point. » De l’information à l’action, il n’y a parfois qu’un pas.

Modération

Vous voulez accéder au site internet d’AB Inbev, membre important de la Fédération des brasseurs ? Vous devrez déclarer dans un formulaire que vous avez plus de 18 ans. Même si, en Belgique, il n’en faut que 16 pour commencer à tâter de ses premières bières. Dans le menu, l’œil est attiré vers la rubrique « un monde meilleur ». Que peut bien faire le premier groupe brassicole mondial pour améliorer la marche de la planète ? Eh bien, notamment contribuer à « un monde plus sain » à travers des « Objectifs mondiaux de consom­mation réfléchie » à atteindre pour 2025.

D’emblée, les objectifs sont clairs : il s’agit d’encourager à la « consommation responsable », non pas en vendant moins de bières (ce serait suicidaire) mais en augmentant les ventes de bières sans alcool ou peu alcoolisées. AB Inbev veut donc réduire « de 10 % » son taux d’alcool moyen. Plus bas, la multinationale basée à Louvain s’engage aussi à « changer les comportements par le biais de normes sociales ».

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Lucie Castel. CC BY-NC-SA

Les « objectifs » d’AB Inbev sont symboliques du discours et de la stratégie marketing de l’industrie brassicole et de l’alcool en général. Il s’agit de reconnaître, bien sûr, que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, tout en faisant la promotion d’une consommation « raisonnable » et « responsable ».

Boire « raisonnable », ça veut dire quoi ? Deux verres par jour ? Trois verres ? Tous les jours ? Jean-Louis Van de Perre hésite. « Les études scientifiques diffèrent, explique-t-il. L’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas dépasser deux ou trois verres par jour. D’autres études disent un ou deux. D’autres disent qu’il faut conserver deux jours où l’on ne boit pas. Et d’autres recommandent zéro verre. Chaque individu doit déterminer où est la limite. Nous ne prenons pas position. »

Sur son site, toutefois, la Fédération oriente le visiteur vers une étude qui indique sans doute sa préférence. Elle est effectuée par le Kennisinstituut Bier, un centre de recherche sur la bière financé… par les brasseurs néerlandais ! Deux membres du comité rédacteur de cet institut sont liés à l’ERAB. L’étude glisse que des « années de recherche scientifique pertinente de la planète entière suggèrent qu’une consommation régulière de bière jusqu’à deux boissons par jour pour des hommes adultes et une pour des femmes adultes pourrait avoir des effets positifs pour la santé » et pointe des « effets positifs » de la consommation modérée de bière sur les diabètes de type 2, les maladies cardiovasculaires et la démence.

Martin De Duve, directeur de l’asbl Univers Santé, créée par l’Université catholique de Louvain, met, lui, d’autres études en avant, loin d’être aussi déculpabilisantes pour les buveurs du week-end : « Récemment, le Conseil supérieur de la santé, qui dépend du SPF Santé publique, a tout de même rappelé que toute consommation d’alcool a un impact sur la santé, explique-t-il. La revue scientifique Lancet, sur la base d’une méta-analyse de très nombreuses études, a montré que le risque relatif de l’alcool démarre à la première dose. Les alcooliers mettent la baisse du risque cardiovasculaire en avant, mais c’est sans tenir compte de l’ensemble des risques de santé concernés, notamment de cancer. On ne peut pas laisser faire ce travail de sape. » De plus, rappelle l’avis du Conseil supérieur de la santé, une méta-analyse scientifique publiée en 2017 dans le Journal of Studies on Alcoholism and Drugs montre que « l’hypothèse » d’un effet protecteur de l’alcool sur les maladies coronariennes « ne peut pas être confirmée, étant donné que les études sont associées à de nombreux biais méthodologiques ».

En Belgique, terre de paradoxes, il est légal de boire de la bière ou du vin dès l’âge de 16 ans mais le Conseil supérieur de la santé recommande de ne pas consommer d’alcool avant 18 ans. Et notre pays ne parvient pas, depuis des années, à se doter d’un ensemble de mesures ambitieux. En décembre 2013, Laurette Onkelinx proposait un plan alcool « édulcoré » (de l’aveu même de son cabinet) qui sera recalé par trois ministres Open VLD : Guy Vanhengel, Annemie Turtelboom et Maggie De Block. Beaucoup, dont Martin De Duve, y ont vu la main des lobbys, à une époque où leur collègue de parti Sven Gatz, aujourd’hui ministre flamand de la Culture, était à la tête de la Fédération des brasseurs.

La VAD (le Centre d’expertise flamand pour l’alcool et les autres drogues) pointe également des disparités dans la politique sur les accises. « Durant cette législature, les accises ont été augmentées surtout pour les boissons fortes, beaucoup moins pour le vin et quasiment pas pour la bière, déclare Marijs Geirnaert, directrice de VAD. L’augmentation du prix est la mesure la plus efficace pour faire baisser la consommation d’alcool. À condition que cela s’applique à toutes les boissons alcoolisées. »

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Lucie Castel. CC BY-NC-SA

Bob éponge

Du côté de la Fédération des brasseurs, Jean-Louis Van de Perre déclare que cette politique fiscale place « la Belgique dans la première moitié du classement des pays européens en termes d’accises. En France, le vin, lui, n’est pas taxé. En Allemagne, la bière est deux fois moins taxée qu’en Belgique ». Le président des Brasseurs belges, qui voit sa fédération comme un lieu de dialogue davantage qu’un lobby, met aussi en avant le rôle de prévention qu’elle estime jouer. « Au début des années nonante, nous avons mis en place le code Arnoldus, qui défend une consommation modérée. De plus, nous finançons la campagne BOB, dont nous avons participé à la création. C’est le parfait exemple d’une campagne qui a réussi et a été reproduite dans de nombreux pays. Elle montre que la sensibilisation est ce qui marche le mieux. » Jean-Louis Van de Perre ne voudra cependant pas nous dire le montant réservé par la Fédération à la campagne BOB.

« C’est clair que BOB sauve des vies, on ne peut pas le nier, relève Martin De Duve. Mais ce n’est pas une campagne de prévention pour tout le monde : pendant que le conducteur ne boit pas, ça n’empêche pas les autres de s’en mettre plein le coco. »

Mi-octobre, la ministre De Block a décidé d’imposer des normes plus strictes en matière d’accès de l’alcool aux jeunes. Les brasseurs peuvent souffler : un jeune de 16 ans aura le droit de s’enfiler une bière spéciale forte à 9° mais ne pourra plus boire un whisky-coca.

Martin De Duve a regretté, dans les colonnes du Soir, cette décision mais, pour les brasseurs, le principal est sauf : les jeunes de 16 ans peuvent continuer à boire de la bière. La ministre De Block a décidé de ne pas suivre le Conseil supérieur de la santé, qui recommandait, dans un avis qu’elle a elle-même sollicité en juillet 2017, de « ne pas consommer d’alcool avant 18 ans ».

Au niveau européen aussi, les alcooliers livrent une bataille sans merci pour faire valoir leurs intérêts auprès des décideurs. La lutte contre les méfaits de l’alcool – et les politiques de santé publique en général – relève essentiellement de la compétence des États membres. Mais l’Union européenne dispose tout de même de certaines compétences clés en la matière, notamment en ce qui concerne l’étiquetage des produits, le marketing ou encore le commerce transfrontalier.

Schuman sur bière

En Europe, l’alcool règne en maître depuis toujours. Si tous les continents de la planète en consomment abondamment, c’est le nôtre – l’Europe – qui remporte haut la main le concours mondial du plus grand buveur. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque Européen ingurgite en effet en moyen­ne 12,5 litres d’alcool pur par an. C’est deux fois plus que la moyenne mondiale (6,1 litres). Le marché européen est donc capital pour les alcooliers. Mais cette place en haut du podium a aussi sa zone d’ombre. Entre 5 et 9 millions d’enfants européens grandissent dans une famille présentant une consommation excessive d’alcool. Les coûts financiers des dommages liés à l’alcool sont colossaux : jusqu’à 155,8 milliards d’euros par an, selon la Commission européenne.

Face à ce constat, et sous la pression des ministères nationaux de la Santé publique, la Commission décide – dès 2001 – de lancer une « Stratégie de lutte contre les abus de l’alcool ». Par cette initiative, la Commission entendait aider les États membres à coordonner leurs efforts. Prévue initialement pour être lancée fin 2006, la mise en place de cette stratégie est plusieurs fois reportée face au lobbying intense de l’industrie.

À Bruxelles, les alcooliers sont essentiellement représentés par trois acteurs. Outre Brewers of Europe, qui regroupe 29 fédérations nationales de brasseurs européens, on trouve le Comité européen des entreprises vin (CEEV) ainsi que Spirits Europe, qui représente les fabricants de spiritueux et notamment les huit plus grandes multinationales du secteur : Pernod Ricard, Diageo, Bacardi-Martini, etc. Le lobby européen est donc un monstre à trois têtes.

« Quand l’OMS s’en est prise au tabac en leur interdisant de faire de la publicité, on s’est dit que le prochain sur la liste c’était l’alcool », raconte Rodolphe de Looz-Corswarem, ancien CEO de Brewers of Europe. Un plan est donc mis en place pour anticiper l’attaque. « On avait intérêt à expliquer que l’alcool et le tabac, ce n’était pas la même chose. Si la première cigarette est dangereuse pour votre santé, ce n’est pas le cas d’un verre de bière. Surtout que l’alcool, ça n’existe pas. La bière, ce n’est pas la même chose que le vin ou les spiritueux. »

Au niveau européen, le discours officiel des brasseurs va donc se concentrer sur cette ligne : nos produits sont bons, conviviaux et ne sont pas dangereux s’ils sont consommés avec modération. Pour torpiller l’initiative de la Commission, les alcooliers vont utiliser des métho­des identiques à celles utilisées par les cigarettiers. À grand renfort d’expertises, ils tentent de mettre en pièces les conclusions du rapport remis à la Commission en juin 2006 sur la consommation d’alcool en Europe et qui a servi de base pour élaborer la fameuse stratégie, com­me le relate La Libre Belgique en 13 octobre 2006.

La stratégie verra finalement le jour et sera renouvelée une fois pour s’achever définitivement fin 2012. Depuis cette date, l’Union européenne est totalement dépourvue de stratégie pour lutter contre les méfaits de l’alcool. Les acteurs de la santé multiplient les appels pour qu’elle soit renouvelée. En vain.

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Lucie Castel. CC BY-NC-SA

L’exception

« Les lobbys de l’alcool sont très puissants à Bruxelles, confirme Nikolai Pushkarev, coordinateur politique auprès de l’Alliance européenne pour la santé publique (EPHA). Ils ont les faveurs de la Commission et de plusieurs membres importants du Parlement européen. »

Un intergroupe « vin » existe au sein du Parlement européen à Strasbourg. Dépourvus de rôle officiel, les intergroupes servent de forum à des parlementaires de différents groupes politiques pour échanger leurs points de vue sur un thème en particulier. Pour les amateurs de bière, les Brewers of Europe ont visé une structure encore plus informelle. À l’image du « Belgian Beer Club », ils ont créé un club parlementaire de la bière (European Beer Club). Les députés européens s’y retrouvent le soir, après leur journée de travail pour des réunions ou des conférences. Parmi eux, on trouve notamment le socialiste belge Marc Tarabella (également membre de l’intergroupe « vin ») ou le libéral Louis Michel.

« La bière, ce ne sont pas seulement des brasseries, rappelle Rodolphe de Looz-Corswarem, ce sont aussi des agriculteurs, des territoires… La plupart des régions européennes sont concernées par notre industrie. Aucun décideur européen n’a envie de la mettre en danger. » Les pays producteurs de bière, et ceux dont les vignes contribuent à leur rayonnement, sont prêts à tout pour défendre leurs bébés. Jusqu’à leur accorder des privilèges qu’aucun décideur ne parvient à justifier.

L’une des grandes victoires du lobby des alcooliers à Bruxelles, c’est d’avoir obtenu d’être exemptés de l’obligation d’étiquetage de leurs produits, et ce alors que tous les produits alimentaires doivent désormais le faire sur le marché européen. Répondant au joli nom de 1169/2011, la directive en question oblige les fabricants de denrées alimentaires à mentionner sur leurs étiquettes l’ensemble des ingrédients qu’ils contiennent ainsi que leur valeur énergétique. « Quand vous achetez du chocolat, des pâtes, une bouteille de soda ou un paquet de biscuits, vous trouvez toujours ces informations sur l’étiquette, explique ainsi Marianne Skar, secrétaire générale de Eurocare (European Alcohol Policy Alliance). C’est simple, vous trouvez une liste d’ingrédients et un étiquetage nutritionnel sur tout ce que vous achetez, SAUF sur l’alcool. Pourquoi ? Il n’y a aucune raison objective. La Commission européenne l’a reconnu elle-même l’année dernière. La seule raison pour laquelle l’alcool bénéficie d’une exception, c’est parce que le lobby des alcooliers a bataillé pour l’obtenir. »

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