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Luc Barbé : la question centrale

Il n’est pas venu les mains vides. En arrivant à l’interview, Luc Barbé a amené un vieux livre illustré, issu d’un dessin animé de Walt Disney sorti en 1957. Avec ses avions nucléaires, ses bateaux et ses injections médicales, « Notre Ami l’atome » est révélateur d’une époque, pas si lointaine, où le nucléaire était vu comme un vecteur de progrès et de paix. Luc Barbé, lui, n’a jamais regardé l’atome comme un ami.

Après une formation d’ingénieur, il se lance en politique sous la bannière des verts flamands d’Agalev. Il devient ensuite chef de cabinet du secrétaire d’État à l’Énergie Olivier Deleuze en 1999. C’est lui qui, dans l’ombre, sera la cheville ouvrière de la loi de sortie du nucléaire votée quatre ans plus tard. Déjà auteur de « La Belgique et la bombe », un livre consacré au rôle joué par la Belgique dans le développement de l’arme atomique, Luc Barbé prépare actuellement un ouvrage consacré à la N-VA. Toujours attentif aux questions énergétiques, il porte un regard acerbe sur les quinze années d’inertie politique qui ont mené au chaos actuel.

Médor. En 1999, Écolo se retrouve au gouvernement fédéral, invité surprise d’une coalition rouge-bleue sans les sociaux-chrétiens. Comment les écologistes sont-ils parvenus à imposer la sortie du nucléaire dans l’accord de majorité ?

Luc Barbé. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Avant les élections, socialistes et libéraux avaient décidé de mettre leurs divergences de côté pour construire un nouveau projet politique ensemble, en mettant le CVP dans l’opposition après 50 ans de pouvoir. Il fallait faire des avancées en matière d’éthique (mariage homosexuel, euthanasie…). Or c’était impossible à faire avec les sociaux-chrétiens ! Écolo et Agalev ont été associés à ce projet. La sortie du nucléaire a été actée dans l’accord de gouvernement, au terme d’une négociation et d’un compromis. Pour nous, c’était la cerise sur le gâteau d’une bataille de quarante ans !

La négociation a été …

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