« Dans un pays juste, il n’existerait pas d’allocataires sociaux »

Bert Engelaar

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Lucas Furtado. CC BY-NC-ND.

En l’espace d’un an, Bert Engelaar s’est imposé comme un redoutable pourfendeur du gouvernement De Wever. Le 1er janvier 2026, le syndicaliste rouge a pris la tête de la FGTB. Dans un récent livre cosigné avec un slameur, il démasque la vision du monde et de l’humain portée par la coalition Arizona. « J’entends beaucoup dire comment on va pourchasser et sanctionner les gens, dit-il, mais très peu comment on compte réellement les aider. »

Le slameur et délégué syndical Bekvegter – alias Martijn Nelen – est déjà installé lorsque Bert Engelaar entre en trombe dans son bureau, fin 2025. « Je n’ai encore jamais donné d’interview en duo avec un véritable ami. J’ai été interviewé avec Pieter Timmermans, de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), et avec Frank Beckx, du Voka (Réseau flamand des entreprises), mais c’était dans des face-à-face », lance Bert Engelaar. Au moment de l’article traduit ici, il était encore secrétaire général de l’ABVV, l’aile flamande de la FGTB. Le 1er janvier, il est devenu le président du syndicat socialiste, en remplacement de Thierry Bodson. « Ah bon, nous, on est dans la même équipe ? », plaisante Bekvegter face à Engelaar.

Les deux hommes, qui se connaissent sur le bout des doigts, sont les principaux auteurs du livre Kort door de bocht (il n’y a pas de version française ; on pourrait traduire le titre par « Juste avant le virage »). Dans cet ouvrage, ils soutiennent que l’Arizona non seulement se positionne comme le gouvernement le plus à droite de mémoire d’homme, mais de surcroît forge « un nouveau langage, donc une nouvelle réalité ». Dans des textes parfois lyriques, mais souvent incisifs, ils examinent les mots, les métaphores et les slogans que manient le Premier ministre Bart De Wever et ses vassaux pour façonner les perceptions.

Prenons le mot overheidsbeslag, qui désigne les dépenses publiques mais peut se traduire aussi par « l’emprise » de l’État, voire « l’accaparement de l’État ». Ce terme donne l’impression, écrit Engelaar, qu’on vient vous voler la moitié de votre pâte pendant que vous cuisez vos crêpes. Mais n’est-il pas un fait que la part des dépenses publiques dans le PIB est chez nous parmi les plus élevées d’Europe ? Aux Pays-Bas, elle est de 44 % ; en Belgique, de 54 %. L’État ne pèse-t-il pas extrêmement lourd, dans notre pays ?

« Quand des figures de droite comme Bart De Wever ou son grand modèle Margaret Thatcher se mettent à parler du poids des dépenses publiques, le message, c’est qu’on ferait mieux de tout privatiser, dit Engelaar. Or, je ne pense pas que nous souhaitions aller vers le système américain de daddy Trump. Là-bas, les riches, perchés sur les hauteurs, peuvent appeler les pompiers pour sauver leur demeure pendant que les pauvres, en bas, voient la leur partir en flammes, tant l’État a rogné sur les services publics. Ce n’est pas une compétition de pourcentages entre pays, poursuit-il. Ce qu’il faut regarder, c’est la plus-value que crée l’État. Je pense qu’en la matière, nous sommes en tête de peloton en Europe. Nos pensions, par exemple, sont distribuées plus équitablement, selon un modèle solidaire. »

Le chômage, c’est votre faute

Un autre terme que les auteurs dénoncent est loonhandicap, « handicap salarial ». Cette expression porte à croire, lit-on dans la contribution du réalisateur Jonas Geirnaert, un autre coauteur du livre, que nous sommes « entravés » par « le désavantage concurrentiel épouvantable qui nous échoit ». Il est vrai que ce terme laisse entendre qu’un salaire décent est une lacune, mais peut-on nier que les entreprises ont plus de mal à être compétitives si leurs coûts salariaux sont plus élevés que ceux de leurs concurrents sur le marché ?

« Là, j’ai l’impression de me trouver face à Axel Ronse (un député fédéral N-VA, NDLR) sur un plateau de télévision », dit Engelaar. Bekvegter intervient : « Le concept pose le cadre. Du point de vue de l’employeur, le salaire est un coût. Il faut tourner ces concepts en dérision pour lutter contre la banalité de leur utilisation dans le débat public. »

« La comparaison est bancale, aussi, ajoute Engelaar. Ce qui n’existe pratiquement pas dans les pays voisins, ce sont toutes les formes de subventions salariales et, aussi, réductions de cotisations qui diminuent le coût du travail pour les employeurs. Quand on en tient compte, on constate que nous sommes très compétitifs en Belgique. C’est aussi la raison pour laquelle tant d’entreprises continuent d’ouvrir des sites dans notre pays. Si les conditions étaient si scandaleusement défavorables, elles iraient certainement s’implanter ailleurs. »

Bekvegter, poète adepte du spoken word, insiste sur l’impact qu’a la répétition incessante du mantra selon lequel les salaires sont trop élevés. « Beaucoup de gens se disent qu’il vaut mieux ne pas trop faire de vagues, sinon l’employeur risquerait de quitter le pays, et il n’y aurait plus de travail du tout. Ce n’est pas le fruit du hasard, c’est alimenté par un langage. Tenez, rien que les termes werkgever (employeur) et werknemer (employé) présentent l’entrepreneur comme quelqu’un qui donne, une sorte de bienfaiteur, et l’employé comme quelqu’un qui reçoit un cadeau. »

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Lucas Furtado. CC BY-NC-ND

Les auteurs de Kort door de bocht fustigent aussi la représentation qui est faite des personnes sans emploi. « Le chômage est réduit à une faute personnelle », lit-on dans le chapitre consacré à la limitation des allocations de chômage à deux ans, que Bart De Wever a instaurée à partir du 1er janvier 2026. Aux Pays-Bas aussi, au bout de deux ans, on bascule sur l’aide sociale, qui équivaut à une sorte de revenu d’intégration. Qu’y a-t-il donc d’injuste au fait de devoir se contenter, après une période transitoire, d’un montant que perçoivent aussi d’autres personnes sans emploi ?

L’ancien secrétaire général de l’ABVV tient à rectifier l’idée selon laquelle De Wever serait le premier à oser rendre les allocations dégressives. « C’était déjà le cas avant : plus vous restiez longtemps sans emploi, plus vos allocations diminuaient. Mais le palier le plus bas n’était pas limité dans le temps jusqu’à présent. »

Avant 2025, le minimum auquel retombait une personne isolée au bout de trois ans de chômage s’élevait à 1 437 euros. L’Arizona veut que, désormais, tout chômeur retombe à zéro au bout de deux ans. Les personnes sans moyen de subsistance pourront toujours s’adresser au CPAS. Le revenu d’intégration pour une personne isolée s’élève à 1 314 euros. « On ne devrait pas tolérer que des gens aient à survivre avec un revenu aussi bas, inférieur au seuil de pauvreté (1 565 euros, NDLR), affirme Engelaar. Nous poussons les gens dans un système de pauvreté que nous avons institutionnalisé en versant une allocation de ce niveau. »

Le syndicaliste écrit, dans Kort door de bocht : « Dans un pays juste, il n’existerait pas d’allocataires sociaux. » Il est fermement convaincu que le droit au travail devrait être garanti dans un pays juste et démocratique. « Tout le monde devrait pouvoir trouver un emploi adapté », ajoute-t-il.

C’est bien là que le bât blesse, selon Bert Engelaar. « J’entends beaucoup dire comment on va pourchasser et sanctionner les gens, mais très peu comment on compte réellement les aider. Le travail paie. Quand on se sent bien dans son job, qu’on entretient des contacts avec ses collègues et qu’on s’intègre ainsi dans la société, on est plus heureux et en meilleure santé, assure-t-il. Que reste-t-il de la promesse du gouvernement de présenter à tout le monde une offre d’emploi ultime ? On a dit aux gens : pas d’inquiétude, on va peut-être vous retirer vos allocations, mais on vous garantira du travail en contrepartie. C’est un peu cynique de les laisser sur le carreau et de les stigmatiser si on ne tient pas cette promesse. »

Engelaar pointe le doigt vers la fenêtre. « Là, ce sont les immeubles des Marolles, un des quartiers les plus pauvres de Bruxelles. Dans ces immeubles vivent des gens qui perçoivent actuellement des allocations de chômage, mais vont les perdre. On n’arrivera pas à les orienter vers un emploi du jour au lendemain. Notre rôle est de les aider et de les accompagner, pas de leur retirer leur allocation en disant : tirez votre plan. »

En quinze ans de travail comme ouvrier, Bekvegter a vu quantité de gens qui tombent entre les mailles du filet social. « Certains sont trop aptes pour bénéficier d’une allocation de maladie ou d’invalidité, mais ne parviennent pas non plus, pour toute une série de raisons, à fonctionner sur un lieu de travail ordinaire. Ce sont des personnes qui viennent travailler trois jours et à qui l’employeur finit par dire : vous n’avez pas la discipline ou les compétences qu’il faut, je préfère prendre un étudiant. C’est un profil bien connu, mais les mesures censées leur donner un coup de main sont insuffisantes. Et ces personnes viennent donc grossir la masse des demandeurs d’emploi. »

Dans le style wallon

Dans Kort door de bocht, les auteurs répondent à la rhétorique de l’Arizona par d’autres métaphores et hyperboles qui visent à renverser la perspective, davantage que par des faits bruts. Dans un texte qui raille la déclaration de De Wever selon laquelle celui-ci a conclu la plus grande réforme du siècle, par exemple, Bert Engelaar décrit le Premier ministre comme un Christophe Colomb des temps modernes qui cherchait à atteindre l’Inde pour en rapporter des épices, mais a trouvé du maïs et attrapé le scorbut, ce qui ne l’a pas empêché, lui et son équipage, de jouer les héros une fois de retour au port d’attache.

Le leader syndical note : « Les ministres paradent tels des explorateurs, agitant leurs cartes remplies d’endroits vides. La presse est invitée à écrire que la grande réforme du siècle est enfin arrivée. Les citoyens regardent leur assiette et constatent qu’elle est toujours trop peu garnie. » Mais lui et ses coauteurs ne font-ils pas précisément ce qu’ils reprochent à leurs adversaires : présenter la réalité sous un certain jour par des exagérations rhétoriques ?

« Si, bien sûr, répond Bekvegter. L’art de la rhétorique n’est pas l’apanage de la classe dirigeante. Traditionnellement, les syndicats s’appuient beaucoup sur les chiffres et l’argumentation. On peut se demander si cela fonctionne, et qui cela convainc. Une autre méthode consiste à s’emparer d’un miroir et à employer les mêmes stratégies linguistiques afin d’interroger leur usage, poursuit-il. Certains décideurs sont très facilement pardonnés pour leurs propos insultants et leurs promesses non tenues. Un instant, ils affirment que c’est une folie que de devoir affecter 5 % du PIB à la défense, et, l’instant suivant, ils présentent cela comme un fait accompli. Tout va si vite et est si fugace que les adeptes de ce genre de langage et de contradictions sont très peu appelés à s’en expliquer. Rien que pour ça, je pense que nous avons le droit, pour changer, d’appliquer cette stratégie. »

Un portrait paru dans De Standaard prête à Bert Engelaar un style de communication wallon. « Parce que j’appelle à l’action, pense-t-il. En réalité, j’ai tout aussi souvent tendu la main et proposé de s’asseoir autour d’une table, mais, dans ces cas-là, je ne reçois pas de réponse. Ce que je veux, c’est porter notre vision sociétale solide et bâtie sur des chiffres d’une manière qui convainque le plus de monde possible. Je n’ai pas honte de le faire d’une façon qui bouscule, parfois dans un registre émotionnel. Que voulez-vous, c’est ainsi que l’on communique dans la société actuelle. J’ai été secrétaire général de la FGTB flamande, et force est de constater que le résultat est là. On nous a demandé systématiquement de donner notre avis dans le débat sociétal. »

Bert Engelaar fait aussi entendre sa voix presque tous les jours sur les réseaux sociaux, en concluant toujours par « Votre ami du syndicat, avec humour et rendement ». « Je suis quelqu’un qui aime rire, reconnaît-il. Derrière mon dos, on dit de moi que je suis un peu spécial. Il faut que je fasse attention, car, au bout d’un moment, on ne vous prend plus au sérieux. » La référence au rendement est une petite pique adressée à Georges-Louis Bouchez (MR), qui a dit que les syndicats ne faisaient que se plaindre sans rien rapporter.

« Je peux montrer que nous avons déjà conduit beaucoup de personnes à l’emploi et que nous avons conclu des accords de restructuration sociale avec des entreprises qui ont ainsi été sauvées et dont les patrons sont désormais mes amis. » Engelaar préfère d’abord ne pas citer de noms, puis finit tout de même par mentionner l’accord que ses collègues du syndicat des employés viennent de conclure avec Carrefour concernant le travail le dimanche. « Un accord a été trouvé pour garantir l’avenir de l’entreprise. Suis-je content que ces employés doivent travailler le dimanche ? Non. Mais c’est la preuve que, quand il le faut, nous prenons nos responsabilités. »

Ce qu’Engelaar veut dire par là, c’est qu’il est tout à fait prêt à conclure des compromis. Y compris, au besoin, avec le gouvernement De Wever, pour autant que celui-ci veuille se mettre à table avec les partenaires sociaux. Selon lui, la seule invitation qu’il a reçue, c’était pour se présenter chez Jan Jambon, le ministre N-VA des Finances et des Pensions, à 9 heures le jour d’une grande manifestation. « Une heure avant la manifestation. Autant dire, alors : “On sait très bien que vous ne viendrez pas, on se moque juste de vous.” Je leur ai adressé un mail très cordial pour fixer un autre rendez-vous, mais je n’ai jamais reçu de réponse. »

C’est le signe, dit Engelaar, d’un « mépris total de la concertation sociale ». Il évoque le ton triomphant sur lequel Bouchez a annoncé, le jour des grèves de fin novembre, qu’un accord budgétaire venait d’être trouvé, et les déclarations de Sammy Mahdi (CD&V) se vantant de ne pas être le moins du monde préoccupé par la contestation. « Quel mépris, de la part du président du soi-disant parti des familles ! Le ménage moyen en Belgique est très durement touché par l’accord budgétaire. »

25 milliards d’aides aux employeurs

Bert Engelaar écrit dans Kort door de bocht qu’il existe des alternatives parfaitement réalisables et finançables à la politique d’austérité actuelle. Il est en tout cas convaincu que les mesures qui sont aujourd’hui sur la table ne rapporteront pas ce que promet le gouvernement. « On dit que 100 000 malades de longue durée doivent être remis au travail. Cela ne rapportera au trésor public que s’ils reprennent effectivement une activité […] »

Le syndicaliste socialiste fait observer que des experts tels que l’économiste flamand Gert Peersman affirment que les mesures proposées rapporteront tout au plus six milliards, et suggère une piste pour trouver l’argent là où il se trouve réellement. « La Banque nationale a calculé que les patrons recevaient 25 milliards d’euros en subsides et réductions de cotisations. Je reconnais, cela dit, que ce chiffre doit être nuancé. Les interventions dont bénéficient les employeurs ne sont pas toutes inappropriées. Ce que nous proposons, c’est d’examiner à la loupe ces différentes subventions et réductions. Certaines ne rapportent rien. Prenez la réduction des cotisations à l’ONSS pour un premier engagement. L’objectif de cette mesure était de mettre des gens au travail, mais on a constaté qu’elle n’avait pas eu cet effet. Dans ce cas, supprimons-la. »

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Lucas Furtado. CC BY-NC-ND

Selon Engelaar, De Wever pourrait aussi dégager des gains en arrêtant la prolifération des sociétés de management. « Ces dernières années, leur nombre a dépassé les 80 000. On en compte ici 67 pour 10 000 habitants, contre seulement 12 en Allemagne. Ces structures permettent de ne payer que 20 à 25 % d’impôts en moyenne, alors que les salaires sont imposés à environ 50 % pour les personnes qui ont de tels revenus élevés. »

Dans une tribune parue dans De Morgen, Engelaar a également évoqué un impôt sur la fortune qui rapporterait 4,7 milliards d’euros. « Je propose un impôt sur la fortune progressif à partir d’un million d’euros. On dit généralement que c’est impossible. Or, nous avons en Belgique différents cadastres des fortunes dont peuvent très bien être extraites les données nécessaires. Si on ne le fait pas, c’est uniquement par manque de volonté politique. Pour les gens bien plus démunis qui vivent d’une allocation du CPAS, ce gouvernement va instaurer un cadastre social. Pour eux, il faut croire que c’est possible. »

L’idée selon laquelle les pensions deviennent impayables sous l’effet du vieillissement de la population serait, elle aussi, pure fable. « Nous consacrons actuellement 11,2 % du PIB aux pensions. En 2050, ce sera 13,5 %. On parle donc d’une augmentation de 2 % en 25 ans. Beaucoup de pays sont déjà au-dessus de ces niveaux aujourd’hui, mais l’Arizona prétend que c’est impayable. Par contre, quand l’OTAN dit qu’il faut tout de suite porter le budget de la défense à 5 % du PIB, tout le reste doit faire place. »

Au printemps dernier, Bert Engelaar avait dit que Vooruit (les socialistes flamands) aurait mieux fait de ne pas monter au gouvernement, ce qui avait provoqué pas mal de remous. Il n’a manifestement pas grande envie de faire une nouvelle déclaration retentissante à ce sujet. Mais il ne déborde en tout cas pas d’enthousiasme devant ce que réalisent ses camarades sociaux-démocrates. « Je trouve cet accord budgétaire abominable. Toucher à l’index, pour nous, c’est franchir une ligne rouge foncé. Vooruit doit se regarder dans un miroir et se demander s’il y gagnera quelque chose.

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  1. Cet article a été publié chez Apache.be le 19 décembre 2025.

  2. Bert Engelaar y sera secondé par la Wallonne Selena Carbonero, nouvelle secrétaire générale de la FGTB.

  3. Dans un tout autre ordre d’idées, beslag signifie aussi « pâte », par exemple « à crêpes ».

  4. Les consultants, les administrateurs de société, par exemple, y recourent pour limiter l’impôt sur leurs revenus. Le gouvernement De Wever vient de réduire ces avantages fiscaux, mais de manière marginale.

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