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Belgique de caractères

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Liliya Nikolova. CC BY-NC-ND.

Alors que le gouvernement américain s’attaque à la typographie de l’État à coups d’empattement, que disent ses polices de la Belgique officielle ? Banale Arial, Wallonica ou Flanders Art, le pays illustre son tempérament jusque dans ses caractères.

Les polices, casses et autres fontes sont les formes que l’on donne à nos lettres. Et comme toute forme, elles ont du fond. Un fond politique même, souligné à nouveau par l’administration Trump en décembre dernier. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a imposé en fin d’année la police Times New Roman dans les correspondances diplomatiques du pays. Une initiative censée « rétablir le décorum et le professionnalisme » du ministère, selon son ordonnance interne. Dessinée pour le journal anglais The Times en 1932, la fonte est « utilisée dans un cadre journalistique et donne donc l’impression d’un discours de vérité, appuie le sentiment que ce qui sort de cette institution est une information factuelle », analyse Pia Jacques, cofondatrice de l’Institut belge de design graphique. Dans une étrange guerre de polices, la Times New Roman balaie ainsi la police Calibri, officiellement adoptée au ministère des Affaires étrangères par le prédécesseur démocrate de Rubio en 2023 pour sa grande lisibilité. Le gouvernement Trump considère pour sa part la mise en place de Calibri comme « une énième initiative inutile du programme Diversité, Équité, Inclusion et Accessibilité ».

Un coup typographique de basse casse qui souligne – s’il le fallait encore – la portée des décisions graphiques d’un État, même en apparence anodines. L’exemple le plus répandu de ces messages subliminaux est sans doute l’usage des caractères gothiques par le régime nazi, évoquant un héritage germanique traditionnel. Mais le gouvernement belge a lui aussi par le passé mobilisé la typographie comme moyen de …

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