Frapper des têtes, casser la résistance
Violences policières
Photos (CC BY-NC-ND) : Brieuc Van Elst
Texte (CC BY-NC-ND) : Lou Lampaert & Lisa Guillaume & Philippe Engels
Publié le
Le 17 octobre 2025, la police a expulsé un collectif de sans-papiers d’un immeuble d’Anderlecht. Elle a asséné de violents coups de matraque à la tête d’activistes réunis autour du bâtiment en guise de solidarité. Voici le récit détaillé d’une journée d’hyperbrutalité, vue du commandement policier, telle que vécue derrière les banderoles des résistants et aux étages du futur hôtel.
17 octobre 2025, 9 h 59
Environ 300 personnes sont positionnées devant l’ancien siège du syndicat CGSLB, à Anderlecht. Sur le toit subsistent les mots « Libe » de Liberale Vakbond – syndicat libéral. Ces militants se sont rassemblés depuis 6 heures du matin. D’abord 50, puis 100, ensuite le double. Ils et elles sont mobilisés par le Front Anti-Expulsions, les associations défendant le droit au logement ou celles actives dans le soutien aux sans-papiers. Kamiel retrouve des amis qu’il n’a plus vus depuis plusieurs mois. À ses côtés, ça rigole, ça fume, ça jongle sur le square de l’Aviation et sa perpendiculaire, le boulevard Poincaré, où se trouve le Samusocial. Brutalement, la nervosité brise la jovialité. Il est temps de se mettre en rempart, suggère une voix venue des étages. L’immeuble est occupé depuis mars par le collectif Zone Neutre, où vivent jusque-là 70 personnes, dont 15 enfants. Il comporte trois entrées. Il y a quasi 100 mètres de façade à couvrir (voir plan page de droite).
En face de la chaine humaine, à moins de 30 mètres, un …