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Delphinariums : c’est assez !

Laetitia Gendre. CC BY-NC-SA.

Sous confinement, Bruxelles est devenue la seule région d’Europe à interdire la détention de phoques et d’otaries. Une avancée majeure ?

L’instant est historique et solennel. Hémicycle bruxellois, 4 avril 2021. Les parlementaires régionaux votent, en pleine crise sanitaire, l’interdiction de détention de pinnipèdes et de cétacés. Fini d’héberger otaries et phoques. La mesure est radicale ! Ah ? Y en avait-il ? Pas un. Bruxelles ne compte aucun mammifère marin sur son territoire. Il faut remonter à 1877 et à la fermeture du zoo de Bruxelles pour trouver un animal exotique dans la capitale.

Autant condamner le braconnage de kangourous dans la forêt de Soignes. La décision peut paraître absurde, selon Michel Vandenbosch, président de Gaia, « mais elle fait avancer la cause animale sur le plan de la conscientisation et de la sensibilisation ».

Dauphins, otaries et pleurs

En 2020, des militants de « C’est assez », une association française qui milite pour la fermeture des delphinariums, publient une vidéo prise dans un parc animalier de Huy. La séquence des otaries tractant des enfants devient virale. Un demi-million de vues plus tard, le parlement bruxellois vote donc l’interdiction. Une décision raillée sur les réseaux sociaux : une « loi inutile » dans une période où le ministre aurait « mieux à faire ». « Hors sujet », rétorque Pauline Lorbat, porte-parole du ministre Bernard Clerfayt (DéFI) : « Ce ne sont pas les mêmes équipes qui sont en charge des dossiers bien-être animal, emploi ou transition numérique. Par ailleurs, le travail législatif avait été entamé avant la crise sanitaire. »

Sous-entendu : on nous reproche souvent de ne rien anticiper. Ici, on ferme un delphinarium avant qu’il ne s’installe.

Bruges en mire

Compétence régionalisée en 2014, le bien-être animal fonctionne à plusieurs vitesses. Selon Michel Vandenbosch, de Gaia, cela a permis de faire avancer les dossiers plus rapidement devant un nombre réduit d’interlocuteurs. « Cela ferme aussi la porte à une implantation future de parcs animaliers dans d’autres régions. » On a vu ça avec l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure, d’abord en Wallonie puis à Bruxelles et en Flandre.

L’interdiction des dauphins et otaries est aujourd’hui à l’étude au « Conseil flamand du bien-être animal ». En ligne de mire de Gaia, qui y siège : le Boudewijn Seapark de Bruges, unique delphinarium du pays.

Quant aux phoques, leur population a été multipliée par dix en trente ans sur la côte. Si les changements climatiques et la montée des eaux devaient les faire voguer vers Bruxelles, ils seraient à l’abri des prédateurs humains.

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