Cher bourgmestre - épisode 2

Découvrez le second volet de notre portrait-puzzle consacré à Jacques Gobert, bourgmestre de La Louvière.

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Parking Cora, La Louvière, ce lundi 7 octobre 2019.

Laurent Poma. CC BY-NC-ND.

« Gobert, l’âme de ta ville, c’est nous »

Le 22 février, à 20h00, un mail est parti de la boite « harcelement.louvierois@gmail.com ». Il était adressé à des journalistes, à des fonctionnaires, à des responsables politiques ou syndicaux. Inutile d’y répondre : depuis, le « corbeau » s’est envolé. « Jacques Gobert (le bourgmestre) s’est arrangé pour avoir autour de lui des camarades qui acceptent de laisser un tyran à la tête de la commune. »

Le délateur faisait référence au suicide d’un ancien journaliste de La Nouvelle Gazette, reconverti dans la fonction publique. Il se disait harcelé. Commentaire du délateur : « Si personne n’ose en parler, c’est parce que tout le monde a peur de perdre son boulot ». Au même moment, l’administration avait débrayé. Un autocollant était posé sur les murs de la Cité administrative, place communale. « Gobert démission. PS = maffia. »

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Entrée du parking Cora, lundi 7 octobre 2019.
Laurent Poma. CC BY-NC-ND

Notre photographe Laurent Poma en a trouvé un autre, ce lundi, sur un poteau près du Cora. Le maïeur local porte un nez de clown et soumet un policier, représenté tel un petit chien. En mars, une banderole accrochée sur un pont du centre-ville avait manifestement été dressée par les supporters de la RAAL, l’un des deux clubs rivaux à La Louvière. Incidents lors d’un match au Tivoli, huis-clos décidé pour le suivant par le bourgmestre. D’où ceci : « Gobert, l’âme de ta ville, c’est nous ». Et sur les grilles du stade du Tivoli : « On n’est pas un labo à répression. Gobert relâche la pression ».

Depuis son arrivée aux commandes de la ville, en 2007, cet ancien courtier en assurances impose un style plutôt carré pour un municipaliste au look de bon papa. Récemment, on l’a vu soupe-au-lait au conseil communal. Il a déjà fait trembler les murs du PS local en criant des « Je m’en fous, c’est comme ça ! » Il se montre clairement agacé quand on le contredit sur les ambiguïtés de sa politique de revitalisation urbaine.«  Je n’aime pas toute cette agressivité, déclare l’échevine Ecolo Nancy Castillo, qu’on sent un peu seule pour contrebalancer la majorité absolue incarnée par le bourgmestre. Cela dit, ceux qui ennuient Jacques Gobert savent bien comment le mettre en colère. Ils en jouent. »

Pourquoi se montre-t-il soudain si nerveux, le bourgmestre louviérois ? Sent-il que cette ville auquel il tient - c’est incontestable - risque de se transformer en désert si aucun des grands chantiers initiés (la Strada, l’extension du Cora, le nouveau cinéma) ne se concrétise ?

Mais tout de même, ces passions haineuses ne doivent pas lui faciliter la vie. Un camp contre l’autre, « le non qui l’emporte sur le oui à chaque question centrale », commente une conseillère communale, les divisions plutôt que l’union sacrée ayant favorisé la rédemption de Lille ou Roubaix. Médor chausse ses crampons, demain. Qui pourra nous éclairer au mieux sur cette logique de la tension, flagrante chez les fanas de foot ? La direction de l’Union Royale La Louvière Centre (URLC) ou celle de la Royale Association Athlétique Louviéroise (RAAL) ? L’entrepreneur proche du pouvoir Huseyin Kazanci ou l’ex-manager de l’année Salvatore Curaba ?

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