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Bicky, beurk heure

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Hugo Dinër. CC BY-NC-ND.

Le Bicky Burger est la planche de salut des fêtards du petit matin. Un produit belge exilé en Hollande, au logo coloré et à l’arrière-goût infect.

Le Bicky, c’est la bouffe de 4 heures du mat’. Quand la lumière blafarde d’un snack perdu dans la nuit te fait le même effet qu’une oasis dans le désert. Avec son logo au look Flower Power, on oublierait presque que ce produit de snack a vu le jour en Belgique en 1981, des œuvres de l’entreprise alimentaire Beckers. Pas à un méfait près, cette même société a popularisé la redoutable fricadelle. Trois générations de diététiciens l’en remercient.

« La Belgique a été pionnière en Europe concernant le burger, explique Pierre Leclercq, historien de l’alimentation. En 1971, McDonald’s a voulu s’implanter en Europe et a choisi la Belgique comme premier pays. La firme américaine a contacté le groupe belge GB qui… l’a doublé ! Le Quick était né. »

Le marché du burger était alors en pleine expansion et sans McDonald’s pour s’emparer du gâteau, il y avait encore une place à prendre. Pas étonnant que ce soit Beckers, déjà implanté dans les snacks, qui l’ait prise. « Eux s’inscrivent dans la tradition de la friterie belge, explique Pierre Leclercq. Depuis l’entre-deux-guerres, l’association burger-frites aux USA était entérinée. Dès lors, que des frituristes vendent un burger, c’était évident. » Ajoutez à cela un prix bas, l’invasion du Bicky était prête.

Bad buzz…

Mais c’est quoi le Bicky ? Trois sauces (la hot, la tomato et le dressing), des oignons croustillants, un steak fourre-tout et surtout de la com bien rodée pour une popularité boostée.

Du moins jusqu’en octobre 2019. Le burger hype arc-en-ciel a été moins croustillant en sortant une pub infecte où un mec colle une mandale à sa compagne qui lui présente un « faux » Bicky. Le Jury d’éthique publicitaire recevra près de 700 plaintes sur cette sortie remarquée. Et volontaire selon L’Écho qui y voyait « l’archétype même du bad buzz intentionnel ».

… Good business

« À force de distribuer des pains, on s’en prend en retour ? », pensez-vous. Dans le cadre d’une pseudo-étude, 750 Belges couronnaient en août 2022, tant en Flandre qu’en Wallonie, le Bicky comme le roi du snack, devant sa partenaire commerciale la fricadelle (34 contre 29 %).

Le Bicky Burger a quitté la Belgique depuis le rachat par « GoodLife Foods » (ils ne doutent de rien) des marques Beckers en 2014. Selon le registre de la Chambre de commerce batave, les ventes et prestations de la société ont grimpé de 194 à 206 millions d’euros de 2019 à 2021. Médor a demandé des comptes précis de vente Bicky à « GoodLife Foods ». Cette société vante la transparence tout en ne mettant aucun rapport annuel sur son site, en ne répondant à aucun mail. Un classique.

On croyait que le Bicky était le hamburger de fin de soirée, on s’est trompé. C’est une bouffe de fin du monde.

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Hugo Diner. Tous droits réservés
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  1. Comptez 3 euros.

  2. Étude commandée par la société Take Away pour fourguer sa came sous le couvert d’une enquête d’opinion (le micro-trottoir version téléphonique).

  3. Metro FR, 18 août 2022.

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