14min

Le logement, c’est notre problème

Interview de Sarah De Laet et Aline Fares

Sarah&Aline-3
Colin Delfosse. CC BY-NC-ND.

Pourquoi les loyers sont-ils si élevés ? Comment se loger dignement ? Qui dessine nos lieux de vie ? Sarah De Laet et Aline Fares étudient la mécanique de la promotion immobilière, montent sur les planches pour vulgariser leurs analyses et tendent le poing au sein de collectifs engagés. Retour à l’essentiel : « Le logement est un droit. » La propriété privée, « une narration difficile à défaire ». On change ?

En quelques études chiffrées et autant de coups de griffe, Sarah De Laet, une géographe issue de l’ULB, et Aline Fares, ex-banquière chez Dexia, bousculent les spéculateurs. L’une est balèze dans l’analyse des villes. L’autre apporte sa compréhension des flux massifs de capitaux. Au sein de deux collectifs, Action Logement Bruxelles et le Front Anti-Expulsions, elles unissent leurs forces face aux promoteurs qui ont reçu carte blanche de la part des politiques. Et elles s’opposent à la pensée dominante selon laquelle la propriété privée amène du bonheur même quand on a peu d’argent. À propos du logement et de la spéculation, elles se livrent sur scène lors de « conférences gesticulées », complices, théâtrales : leur non-verbal colle à leurs idées. Le logement, c’est politique, disent-elles. C’est un bien qu’il faut gérer de manière collective.

Médor

Dans vos conférences, vous dites qu’avoir un logement, c’est une réponse à notre besoin de sécurité, c’est ontologique, ça relève de notre être. Vous pouvez expliquer ?

Sarah De Laet

Les mots viennent d’un livre extraordinaire – In defense of housing – écrit par deux Anglais. Ils estiment que, parmi tous les éléments dont on a besoin pour se sentir « ontologiquement en sécurité », le logement est essentiel. Pas juste avoir un toit sur la tête, mais savoir que ça va durer.

Aline Fares

Je travaillais chez Dexia au moment de la crise financière de 2007-2008. J’ai été marquée par la vision de ces centaines de personnes qui se retrouvaient à vivre dans leur voiture aux États-Unis, puis même …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2590 membres et 1747 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus