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Le virus de la métaphore

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND.

« Le cancer est une lutte » ; « on dort pour recharger ses batteries » ; « Lukaku est un tueur. » Tous les huit mots, nous utilisons une expression imagée. Souvent innocentes, ces tournures peuvent aussi s’avérer dangereuses. En néerlandais comme en français !

L’époque n’est pas au pacifisme. Je ne parle pas ici des victimes et des tireurs en embuscade en Syrie ou au Soudan du Sud, mais de vous et moi, et de ce qui se joue dans nos têtes et entre nos lèvres. Qu’un ministre de la Défense ait à se défendre n’est pas nécessairement étrange après une « offensive » de l’opposition. Mais le football aussi est devenu une guerre : « Lukaku est un tueur », et nous en sommes fiers, puisqu’il est indéboulonnable dans la ligne d’attaque des Diables rouges. La guerre qu’il livre est bien différente de celle menée contre la drogue. L’amour aussi est une lutte. Tantôt les partenaires « scel­lent un pacte » (à l’origine une alliance militaro-politique), tantôt ils se querellent et « tirent à boulets rouges » pour s’attein­­­­dre l’un l’autre. Mieux vaut alors éviter les sujets sensibles, sous peine de se retrouver « en terrain miné ». Quant à l’adultère, c’est la « bombe à retardement ».

Examinez notre parler à la loupe, et vous douterez vite de la bonté de l’homme. D’où nous vient tant de pugnacité ? Pourquoi tous ces termes guerriers sont-ils ancrés si profondément dans notre vocabulaire ?

Nous employons en moyenne une métaphore tous les huit mots, souvent sans en être conscients. Nous ne les identifions presque plus. Pourtant, les linguistes le disent à l’unisson : les métaphores façonnent notre pensée et orientent notre comportement.

En ce moment, Ikea mène une campagne qui expose la façon dont nous nous percevons. Nous sommes des batteries. La chaîne de mobilier nous enjoint de faire de notre chambre à coucher un lieu « pour se recharger », car un sommeil de qualité est primordial. « Nous veillons à ce que vous entamiez votre journée chargé à 100 %. » Pendant ce temps, une batterie clignote à l’écran, passant du rouge, 1 %, au vert, 100 %. Les slogans : « Bonne nuit, chargez bien », et au-dessus du berceau de bébé : « L’enfant chargera bientôt. »

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Lynn Berger, journaliste pour De Correspondent, a attrapé des boutons devant cette publicité. De manière plus générale, c’est l’omniprésente métaphore de la batterie qui lui provoque cette réaction. « Cette métaphore permet très facilement de voir tout, y compris votre séance de sauna ou vos vacances en Croatie, comme étant au service de votre productivité », écrit-elle dans son article « Comment les métaphores façonnent notre pensée ». « C’est très bien pour la société de la prestation, qui pousse ses citoyens à retirer en permanence le meilleur d’eux-mêmes et à effacer complètement la ligne de démarcation entre vie professionnelle et vie privée. L’individu, lui, en est réduit à se débattre contre des problèmes collectifs tels que l’épuisement et le burn-out à simples coups de recharges, et non pas grâce à des changements structurels et systématiques. »

Rendre palpable

Batteries que nous sommes, nous décidons parfois de ne plus consacrer d’énergie à tel ou tel ami après avoir fait une analyse coûts-bénéfices de cette amitié, comme si nous étions des comptables aguerris et que tout pouvait être soumis à une évaluation monétaire. Car le temps, c’est de l’argent (on le perd, on s’en garde pour soi) ; et l’argent, c’est la santé. Ne dit-on pas, en effet, quand les entreprises enregistrent de lour­des pertes et que le taux de chômage est élevé, que « l’économie est malade » ? Mais si c’est l’homme qui est souffrant, on dit que « la machine est enrayée ». Il faut alors « serrer la vis ». Et quand la technologie fait des siennes, là c’est la « galère » et on « pédale dans le couscous ».

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Sous leurs airs alambiqués, les métaphores ont pour but premier de faciliter la compréhension. Le professeur Gérard Steen a fondé le Metaphor Lab Amsterdam en 2010. Un laboratoire de métaphores. Il s’agit de langage, bien sûr, pas question ici de tubes à essai et d’erlenmeyers, même si un scanner cérébral vient quelquefois à point dans l’analyse des métaphores. Le professeur Steen a une explication simple à notre recours abondant au langage figuré. « C’est la seule manière que nous ayons de parler de certaines choses. Quand il s’agit de notions abstraites, relationnelles ou émotionnelles, la langue littérale se révèle insuffisante. »

Rose Hendricks, chercheuse en sciences cognitives, explique : « Nous manquons d’expérience physique pour ce qui est des con­cepts abstraits. Donc, nous cherchons des mots qui apportent des suggestions tangibles, afin de pouvoir voir ces concepts, de percevoir l’abstrait physiquement. Ainsi, le temps s’est mué en espace. Le futur se trouve devant nous, le passé, derrière. Nous objectivons aussi les concepts : les théories sont des édifices aux fondations solides ou fragiles, les émotions, une nourriture qui peut peser sur l’estomac. »

Si on les prend au pied de la lettre, la plupart des métaphores sont absurdes. Elles mettent nos sens en pagaille. Rimbaud voyait la poésie comme une hallucination élémentaire qui bouleverse nos perceptions. C’est aussi ce que font les métapho­res. Elles nous font goûter la vengeance (en plat froid) et sentir une voix (au timbre doux). Nous ne voyons pas simplement une belle femme, nous la sentons et la goûtons (elle est torride), tout comme la lingerie peut parfois pimenter les choses – même si les dessous qui se mangent font rarement cet effet.

Vous voyez ce que je veux dire ? Non, vous ne « voyez » absolument pas. En tout cas pas littéralement.

Une astuce de charlatan

Aristote définissait la métaphore comme l’attribution à une chose d’un nom qui appartient à une autre. Telle chose est donc similaire à telle autre. On transpose la signification d’un mot à un autre. L’éminent Grec savait déjà qu’il s’agissait là d’une arme redoutable, en particulier dans les cénacles politiques, « car la métaphore passe presque inaperçue ». Il affirmait que celui qui passe maître dans l’art de la métaphore devient maître de son environnement.

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Les philosophes postérieurs n’auraient pas la même conception. Longtemps, la métaphore n’a été qu’un « usage impropre », « une inexactitude », « une astuce linguistique vague et douteuse qu’utilisent avant tout les charlatans, les guérisseurs, les vendeurs de remèdes miracles et les poètes », écrit James Geary dans I is an Other : The secret Life of Metaphor.

Les philosophes voyaient le langage métaphorique dans le meilleur des cas comme un ornement innocent, et dans le pire comme une manœuvre de détournement consciente et potentiellement dangereuse. Dans Léviathan, Thomas Hobbes condamnait la métaphore comme un abus de langage et accusait ses pratiquants de proférer des mensonges. Selon lui, les métaphores empêchaient la réflexion claire. Peu d’au­tres penseurs d’envergure prirent la métaphore au sérieux. C’était le domaine des poètes et de leurs fabulations absurdes.

« Le lierre, vous voyez ce que c’est ? C’est une plante qui se faufile partout. » Voilà comment le candidat Tim a décrit son amour dévorant pour l’une des séductrices de l’île de la Tentation. Aujourd’hui, le langage figuré n’est plus l’apanage des poètes. Il est devenu monnaie courante dans des émissions de télévision tout ce qu’il y a de plus prosaïques, mais aussi dans la médecine, l’économie et la politique, des domaines sociaux dont on serait tenté de croire qu’ils accordent de l’importance à la précision et à l’exactitude langagière. Pourquoi préférons-nous utiliser un langage figuré, inexact et imprécis plutôt que de dire les choses comme elles sont ?

Planter dans le cerveau

Christ’l De Landts­heer, présidente de la Political Communication Research Unit à l’Université d’Anvers, explique que ce n’est qu’à la fin du siècle dernier que d’autres scientifiques que les linguistes se sont mis à étudier sérieusement la métaphore. « C’est la politique internationale qui est à l’origine de cet intérêt : la guerre froide, le cancer du communisme, le rideau de fer, le phénomène nimby (not in my backyard), etc. À partir de ce moment-là, les métaphores ont été clairement utilisées comme des instruments politiques. »

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Nous avons pris conscience que les métaphores étaient bien plus qu’un simple embellissement de la langue. L’ouvrage Metaphors We Live By (Les métaphores dans la vie quotidienne) de George Lakoff et Mark Johnson nous a ouvert les yeux. Les deux auteurs ont montré que nous transmettons constamment des connotations positives ou négatives dans notre langage. « Les métaphores façonnent nos perceptions et notre comportement sans que nous nous en rendions compte. »

C’est ce qui les rend si prisées des personnalités politiques. Christ’l De Landts­heer qualifie la métaphore de dynamite linguistique. « Les métaphores jouent dans un registre purement émotif. Pour convaincre les gens, l’aspect émotif est indispensable. Voilà pourquoi le langage imagé peut être si convaincant. Dites que la crise de l’asile a “éclaté” et vous y donnerez une connotation de maladie, d’épidémie, de phénomène qui fait peur. La métaphore est une arme de profilage : vous transmettez un certain cadre idéologique, vous orientez la pensée des récepteurs dans une direction bien précise. »

Les métaphores ont le pouvoir de présenter comme existant ce que le destinataire pense exister ou pense devoir exister. Demandez à quelqu’un de ne pas penser à un éléphant rose et il lui sera impossible de cesser d’y penser. De la même manière, un homme ou une femme politique peut planter des images et des convictions dans la tête des électeurs. Sitôt que vous nommez quelque chose, cette chose existe. De la cigarette russe au poisson gras, des chefs de gouvernement qui font du surplace à la stratégie du pourrissement, ces images s’insinuent dans le discours et ne sont plus remises en question.

Les métaphores les plus fortes sont originales et évoquent clairement la signification littérale. Quand le politicien néerlandais Geert Wilders a parlé aux électeurs d’un tsunami d’islamisation, ils ont vu la vague déferlante. Quand on sait, de surcroît, que des dizaines de Néerlandais ont perdu la vie lors du tsunami de 2004, on comprend encore mieux que ce mot instille d’emblée une angoisse.

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Le lobby des métaphores

Michael Erard, écrivain et linguiste américain, a travaillé cinq ans comme « metaphor designer ». Concepteur de métapho­res, oui, c’est un métier qui existe. Son job : influencer et orienter la perception publique avec des mots. Il travaillait pour le FrameWorks Institute, une entreprise qui (d’après son site internet) aide les organisations sans but lucratif à « simplifier leurs messages, faire passer des textes au Congrès et influencer l’opinion publique ». Un de ses slogans est Words That Change Minds. Ainsi, Erard et ses collègues ont notamment eu pour mission de faire en sorte que le public ne perçoive plus les toxicomanes comme des personnes ayant un problème moral, mais comme des personnes atteintes d’une maladie. Ou, encore, de faire prendre conscience aux citoyens du réchauffement climatique.

On peut faire ça rien qu’avec des images ? « En tout cas, le fait est que l’image qui a été utilisée jusqu’à présent pour expliquer l’effet des gaz toxiques sur le réchauffement de la planète ne fonctionne pas. L’effet de serre est tout simplement une mauvaise métaphore. Nous associons la serre à une invention formidable qui nous permet d’avoir des fruits et des légumes tout au long de l’année. Pourquoi n’en voudrions-nous pas ? »

Toutes les métaphores qu’Erard et son équipe ont imaginées ont été abondamment testées dans la rue, dans des enquêtes en ligne et dans des groupes de réflexion. « Nous vérifions la pertinence sociale et cognitive d’une métaphore avant de la lâcher dans la nature, car, après, nous ne pouvons plus intervenir. Une fois lâchées, elles doi­vent pouvoir vivre en autonomie et se répandre. »

FrameWorks ne propose pas ses services dans le cadre de campagnes politiques mais, après avoir quitté la boîte, Erard a travaillé pour des entreprises commerciales et des figures politiques locales. Quel pouvoir possède vraiment un concepteur de métaphores ? « Les poètes créent des métapho­res pour leur valeur artistique. Les concepteurs de métaphores, eux, n’ont que faire des bel­les images, ils veulent modifier la perception, influencer les gens d’une certaine manière. Moi, dans mon travail, j’essaie de créer uniquement des images bénéfiques pour la société. Je travaille pour des organisations sociales ou des scientifiques qui veulent transmettre leur théorie complexe au grand public. Je prends les gens par la main, je les emmène quelque part et je leur montre de nouvelles choses. Mon intention n’est pas de les détourner de ce qu’ils doi­vent regarder. »

Un mot qui change tout

Erard a une métaphore pour décrire la métaphore : « C’est une chambre. Les fenêtres et les portes offrent une certaine perspective, un cadre à travers lequel on voit la réalité à l’extérieur. Si on place les fenêtres en hauteur, les gens ne voient que les arbres. Si on les place près du sol, ils ne voient que l’herbe. Si on met des fenêtres uniquement côté sud, ils voient le soleil. On peut orienter leur attention dans une certaine direction. Le concepteur de métaphores doit faire en sorte que ses choix architecturaux soient inévitables. » Il ajoute que nous avons trop peu conscience que nous pouvons sortir de cette chambre, que cette chambre n’est pas le monde réel.

Quel pouvoir ont vraiment les métaphores ? Gerard Steen cite une étude pour laquelle les participants ont reçu un texte à lire à propos de la criminalité dans une ville donnée. Deux groupes de participants ont reçu un texte identique, à l’exception de la première phrase : pour le premier groupe, celle-ci était « Le crime est un virus » ; pour le second, « Le crime est une bête ». Les participants pouvaient ensuite voter pour les mesures que les autorités devaient prendre. « Le second groupe a choisi plus de présence policière et des sanctions plus sévères, le premier a opté pour un meilleur enseignement et davantage d’emplois. C’est ainsi que fonctionne une métaphore : nous utilisons la connaissance du domaine source (la bête ou le virus) pour réfléchir au domaine cible (le crime). Nous projetons ce que nous associons à l’élément de la comparaison que nous connaissons sur l’élément que nous connaissons peu. Une bête doit être domptée ; un virus est un phénomène très grave en Afrique face auquel nous devons renforcer notre système immunitaire. »

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Le service de renseignements américain a lui aussi compris toute l’importance des métaphores. Le Metaphor Project est un programme d’une branche du ministère américain de la Défense qui détecte l’emploi de métaphores en farsi ou en russe, par exemple, et détermine quel état d’esprit se cache derrière ces usages. Les chercheurs savent que de nombreuses conceptions morales peuvent être déduites des métapho­res. Ils affirment que le projet permet de comprendre les valeurs et les normes de certains locuteurs, donc de comprendre une autre culture.

Dans son livre, Geary donne un autre exemple de la force des métaphores : elles orientent notre comportement d’acheteurs. « Le Nasdaq se redresse, le Dow Jones poursuit sa progression. Quand les indices montent, les économistes emploient des termes actifs. Quand ça va mal, la Bourse s’effon­dre. On suggère que personne ne peut rien y faire, que la Bourse coule passivement. Alors que les gens ont tendance à penser qu’un indice en hausse va continuer de grimper. La métaphore active suggère que les actions ont une sorte de traction interne. »

Images mal placées

« Alors, tu as pu faire ton deuil ? » Je m’imagine qu’il existe quelque part un pays du tiers-monde où nous autres, Occidentaux, enterrons tous nos soucis, nos désarrois et nos peines comme des déchets nucléaires, pour faire ce fameux « deuil » qui a toujours le don de m’horripiler.

Les métaphores peuvent en effet faciliter la compréhension, mais aussi susciter un agacement. Ainsi le journaliste scientifique néerlandais Karel Knip a-t-il écrit dans une chronique pour le NRC Handelsblad qu’il jugeait le temps venu de « fonder un Organe central de prévention et de lutte contre les images inutiles, incorrectes et indésirables dans le langage ».

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Le secrétaire de l’Organe taperait sur les doigts des usagers de métaphores mal placées : « Vous avez récemment utilisé le concept de vases communicants. Vous vouliez certainement parler d’un lit à eau, car ce qui caractérise les vases communicants est précisément leur niveau de liquide égal. » Ou encore : « Savez-vous que l’énergie négative, ça n’existe pas ? »

Ce qui est bien plus problématique, c’est quand non seulement les métaphores ne facilitent pas la compréhension, mais qu’elles nous embrouillent ou nous découragent complètement. « En Grande-Bretagne, le mot “combat” a été évincé de toutes les brochures d’information sur le cancer, rapporte Gerard Steen. Là bas, le cancer n’est plus une lutte, mais un parcours. » Susan Sontag a décrit dès 1970 les effets néfastes de la rhétorique militaire sur les patients. Kate Granger, un médecin atteint du cancer à un stade avancé, a formulé la chose comme ceci : « Je reviendrai maudire tous ceux qui disent que j’ai lutté courageusement mais que j’ai finalement perdu mon combat. Je ne veux pas avoir un sentiment d’échec parce que je n’ai pas réussi à changer quelque chose qui était hors de mon pouvoir. Je refuse de croire que je vais mourir parce que je ne me suis pas suffisamment battue. Le cancer est apparu dans mon corps, dans mes cellules. Le combattre, ce serait comme me faire la guerre à moi-même. »

« Les métaphores mettent certains aspects en avant et en dissimulent d’autres, éclaire Steen. Elles sont potentiellement trompeuses, donc dangereuses. » Il va maintenant étudier, avec un budget de 750 000 euros et une équipe de cinq chercheurs, comment les locuteurs peuvent résister aux métaphores. Leur projet « Resistance to Metaphor » n’est pas une brigade blanche contre le langage figuratif de manière générale, mais contre ses implications indésirables. Une des questions qu’ils posent est celle-ci : « Comment le citoyen peut-il se rebeller contre des instances gouvernantes qui présentent systématiquement la société comme une marque, s’il est en désaccord avec cette vision ? »

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Nina Cosco. CC BY-NC-ND

Je propose à Steen une expérience : n’utiliser aucune métaphore pendant toute une journée. « Impossible, assure-t-il. Personne ne peut faire ça. » Les métaphores existent dans toutes les cultures, mais elles sont marquées culturellement. La colère est chaude pratiquement partout. Chez nous, on fulmine. Dans les langues sotho, on a du sang brûlant qui coule dans les veines, tandis qu’au Japon ce sont les boyaux qui bouillent. Nous sentons des papillons dans notre ventre, les Chinois ont un cerf bondissant dans le cœur. Les Anglo-Saxons s’écrient I’m coming pendant l’orgasme, là où les Français vivent une petite mort. Une question d’allées et venues, somme toute.

Erik de Jong, membre à lui seul du groupe néerlandais Spinvis, veut tout de même essayer. Il a écrit un pamphlet : « J’entre en résistance contre le remplacement de la réalité magnifique par des images faciles, réductrices et douteuses. Halte au langage imagé tant qu’il en est encore temps. Les métaphores se répandent comme la peste à travers le pays de la libre pensée ! » Oui, c’est une métaphore.

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