L’hôpital du futur, vraiment ? Vivalia 2025 pour les nuls (partie 1)

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Katherine Longly. CC BY-NC-ND.

En 2025, un nouvel hôpital de 660 lits est censé jaillir de terre à Houdemont, commune de Habay, en province du Luxembourg. Planté au milieu des champs, le long du vrombissement de la E411, son positionnement alimente une âpre bataille entre des communes du Sud Luxembourg, dont Arlon, qui verra son site devenir une polyclinique (sans service hospitalisation), et l’intercommunale de soins de santé Vivalia, qui défend le projet. Dans ces contrées, l’hôpital, c’est un peu comme Urgences : une saga sans fin où les préoccupations médicales passent souvent au second plan.

Dimanche soir, au bar l’Insolite d’Arlon, trois tables de discussions rassemblent des citoyens autour des sujets abordés par Médor cette semaine : la Zad, les « invisibles » (les Arlonais qui ne travaillent pas au Luxembourg) et l’hôpital. On se bouscule aux deux premières, la troisième semble vide.

Une seule personne s’était jointe à nous, au début, pour parler de l’épineux dossier de l’hôpital ou plutôt de la construction lardée de polémiques d’un nouvel hôpital, dans le cadre du projet Vivalia 2025, à Habay-Houdémont, à 24,5 kilomètres du centre-ville d’Arlon et 18 minutes en voiture par une brumeuse matinée d’automne, selon Google Maps. Beaucoup craignent que cette construction mènera l’hôpital d’Arlon à perdre de nombreux services, voire à tout fermer à long terme.

La dame qui sirote un Orval avec nous est infirmière à l’hôpital d’Arlon, depuis longtemps déjà, au service cardiologie. Au niveau professionnel, elle s’estime pas trop mal lotie, mais elle sait que comme assistante de médecin spécialiste, son quotidien est sans doute moins compliqué qu’à l’étage des hospitalisations, par exemple, où ses collègues ne cachent plus vraiment leur colère (rendez-vous ce 28 novembre sur notre site à ce sujet).

"Vous en savez plus, vous ?"

D’emblée, elle lance : "Je suis venue vous trouver pour savoir si vous en savez plus sur le projet de nouvel hôpital car, en interne, j’estime que nous ne sommes pas bien informé.es. " Et elle ne se rappelle pas avoir été conviée à une réunion d’information ces dernières années. Nez dans le guidon, faisant face à un sous-effectif, les infirmières d’Arlon n’ont pas vraiment le temps de s’occuper du destin de leur futur lieu de travail.

Mais au sein des hautes sphères de Vivalia, l’intercommunale hospitalière regroupant les 44 communes luxembourgeoises et 3 communes namuroises, le projet (350 millions d’euros, selon les estimations), qui sera logé dans ce qui n’est aujourd’hui qu’un champ, concentre toute l’énergie depuis plusieurs années. Et, en coulisses, un Stratego bien politique relègue au second plan les considérations de santé.

Commençons par le commencement, en jouant à Vivalia pour les nuls, afin de comprendre les arcanes de ce projet aussi complexe qu’une finale de championnat du monde de jeu de Go. Tentative de rattrapage pour vous, lecteurs arlonais ou non, que vous soyez une infirmière débordée ou un simple patient inquiet de savoir ce qu’il adviendra de ses soins de santé.

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La mort de Saint-Joseph (1620). Quatre siècles plus tard, la mort de la Clinique Saint-Joseph d'Arlon ? Les Arlonais le craignent, Vivalia affirme que seule l'hospitalisation disparaîtra.

Simone Barabino (1620)

1. Historique express

À l’origine, la province du Luxembourg était dotée d’une pléthore de petits hôpitaux installés dans de nombreuses villes. Au cours des trente dernières années, ces hôpitaux vont petit à petit fusionner. Dans le Sud-Luxembourg, diverses cliniques sont regroupées (Arlon, Virton, Messancy, Athus) et deux sites hospitaliers subsistent : la Clinique Saint-Joseph à Arlon et la Clinique Edmond Jacques à Virton, fondues en une seule intercommunale, avec le pouvoir plutôt du côté d’Arlon.

À Arlon, la clinique Saint-Joseph prend ses origines dans une terrible épidémie de choléra, en 1866. Celle-ci fut combattue avec bravoure par la congrégation des sœurs de Sainte-Elisabeth. Sur 47 personnes atteintes, elles en sauvèrent 30, gagnant au passage une médaille du gouvernement.

En 1890, elles fondèrent un "hôpital-lazaret", le premier à Arlon. C’est Saint-Joseph, qui est choisi comme protecteur. Ça tombe bien, Saint-Joseph, c’est une sorte de super-patron de la chrétienté. Un an plus tôt, le pape Léon XIII l’adoubait saint patron des pères de famille et des travailleurs mais il est aussi patron de l’Église en général et des charpentiers. Et de la bonne mort, puisqu’il meurt entouré de Jésus et de Marie.

Les années et un siècle passent, et le rapprochement des hôpitaux, afin d’avoir suffisamment de lits pour obtenir leur statut et leurs financements, fait qu’après d’intenses années passées dans le chaudron des négociations, en 2008, les intercommunales hospitalières du Luxembourg avalisent une fusion pour ne plus avoir qu’une seule super-intercommunale hospitalière : Vivalia.

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Le futur site de l'hôpital, à Houdemont.

Katherine Longly. CC BY-NC-ND

2. Vivalia, en objectif et en chiffres, c’est quoi ?

Entre deux patients, dont un à qui il a pu annoncer une bonne nouvelle (son cœur fonctionne encore, mais autant tenir à l’œil ces petites extrasystoles), Georges Mairesse, cardiologue et ancien président du conseil médical des Cliniques du Sud-Luxembourg rappelle l’objectif initial de cette fusion.

"Il s’agissait de mettre les différentes cliniques et hôpitaux du Luxembourg autour d’un objectif commun  : éviter les concurrences stériles et mutualiser les forces de la médecine spécialisée. En province de Luxembourg, il n’y a pas de place pour la concurrence. On a un bassin de population de 300 000 à 350 000 personnes donc c’est nécessaire de travailler ensemble, selon les forces de chaque institution." Nous reviendrons sur le bilan de cette promesse dans nos prochains articles.

Aujourd’hui, donc, Vivalia, c’est, selon les chiffres officiels :

- 6 sites hospitaliers (dont Arlon, Libramont, Marche-en-Famenne, Virton ou Bastogne), des maisons de repos, une polyclinique à Vielsalm et une maison de soins psychiatriques.

- 1600 lits

- 3779 personnes employées (1628 temps pleins, 2151 temps partiels)

- 400 médecins spécialisés qui officient dans ses structures.

Et, pour l’année 2018, des statistiques mises en tête de rapport annuel qui oscillent entre effet de masse et chiffres cocasses :

- 2511 accouchements

- 764 000 kg de linge lavé

- 290 382 journées passées en hôpitaux et 128 746 en maisons de repos

- 6,9 millions de médicaments délivrés à l’unité

- Plus de 40 millions d’euros d’investissements

- Un ratio volaille-légume public : pour 65 tonnes de légumes consommés en plateaux-repas, on sert aussi 40 tonnes de « viandes et volailles ».

Dans ce résumé en un coup d’œil, au-delà des statistiques, pas un mot sur le taux de satisfaction des patients ou les aspects liés à la politique de soins de santé. Un nouvel outil d’évaluation de la satisfaction de la patientèle serait en cours de développement.

Il est par contre plus ardu de trouver le chiffre d’affaires de Vivalia. Un détour par le site de la Banque nationale s’impose. Un fichier pdf (hélas scanné, rendant la recherche par mot-clé difficile) des comptes annuels annonce :

- 344 millions d’euros de chiffre d’affaires (+ 9 millions d’euros, quasiment, par rapport à 2017)

- L’IFAQ qui regroupe Bastogne et Marche-en-Famene essuie un million et de demi d’euros de pertes (surtout à cause de Bastogne, où il reste peu de spécialistes et de lits). Les 3 autres centres seraient, selon les comptes de résultats par centres de frais, légèrement en déficit sur 2018 (le Centre Sud Luxembourg, regroupant Arlon et Virton) ou en bénéfice (Libramont, par exemple).

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Pause cigarette à la clinique Saint-Joseph d'Arlon.

3. Qui dirige Vivalia ?

Vivalia est une intercommunale dont la forme juridique est une société coopérative à responsabilité limitée. L’actionnaire principal est la Province du Luxembourg (53 %) et suivent ensuite les communes (47 %). À noter qu’à la Province du Luxembourg, le CDH a le plus de sièges (plus de 30 %), suivi par le MR (environ 25 %) et puis le PS (17 %) et Ecolo (15 %).

Aux manettes, on retrouve :

- Une présidente multi-fonction  : Marielle Rémy, PS (Hotton), proche de Philippe Courard, a pris la place de Jean-Marie Carrier, après sept ans de présidence de ce conseiller provincial et communal PS de Durbuy.

Multi-fonction car Marielle Rémy est également directrice adjointe faisant fonction du CRAC, le Centre régional d’aide aux communes, que certains surnomment le FMI wallon car il a pour mission que les communes respectent la rigueur budgétaire, et conseillère communale à Hotton.

- Un conseil d’administration composé de mandataires politiques plutôt mâles (contrairement au personnel de Vivalia, composé à 83 % de femmes) :

13 hommes, 7 femmes.

Parmi eux, quelques castars de la politique : René Collin, ancien ministre wallon (CDH) Elie Deblire, conseiller provincial CDH (31 mandats dans l’escarcelle en 2017, dont 5 rémunérés) ou Stéphane Demul, président du Collège provincial (PS) et député en charge de la santé et du bien-être.

- Un directeur général qui s’imaginait bien secrétaire-général (ou l’art de l’auto-valorisation) :

Yves Bernard est le directeur-général de Vivalia. Récemment, il a annoncé vouloir faire un pas de côté, tout en proposant une fonction taillée sur pièce pour se recaser. Avant de faire volte-face.

Formé en sciences économiques aux Facultés de Namur, il est passé par le secteur bancaire au Luxembourg (et notamment à la Société Générale Suisse) avant de rejoindre la direction financière à Libramont.

Fin août, Yves Bernard a envoyé un document aux présidents des fédérations provinciales du CDH (René Collin), PS (Philippe Courard, remplacé depuis par Mélissa Hanus) et MR (Benoît Piedboeuf).

Relayé chez nos confrères de la presse locale, cette présentation que Médor a pu se procurer propose d’établir une « nouvelle gouvernance menant à Vivalia 2025 ». En fait de gouvernance, Yves Bernard, satisfait d’avoir sécurisé, selon lui, le financement de l’hôpital (lire notre épisode 3, à venir, pour comprendre que ce n’est sans doute pas si simple), proposait de faire un pas de côté pour faciliter les négociations entre les médecins des Cliniques du Sud Luxembourg, en bonne partie opposés au projet de nouvel hôpital à Habay-Houdemont, et Vivalia.

En fait de gouvernance, le document proposait surtout un plan de reclassement tout particulier pour… Yves Bernard, le futur ex-directeur général.

En page 6, on peut, en effet, lire que « le DG pourrait convenir avec le CA (conseil d’administration, ndlr) de mettre ses compétences à sa disposition dans le cadre d’une nouvelle fonction valorisante et valorisée ».

La fonction envisagée pour lui-même par Yves Bernard est en effet valorisante. Un chapitre intitulé « revalorisation des barèmes », dans une deuxième version de la note, aborde sans détour son salaire. 11 500€ par mois. Compensés par deux départs à la retraite.

Au passage, il suggère de mettre le nouveau directeur général à 13 000€/mois et 25 000€/mois pour le futur directeur aux affaires médicales, à 10/10ème. En annexe, il renvoie, telle une justification, aux salaires pratiqués chez Idelux, où, selon la note, le Directeur Général gagnerait 18682€ par mois (chiffres du 17 mai 2019), un salaire supérieur à celui évoqué par Fabian Collard, DG d’Idelux dans Vers l’Avenir en 2017.

Le bas de l’échelle, lui, aurait droit, selon la note, à une enveloppe de 500 000€ pour revaloriser les bas salaires. Soit l’équivalent de 3,6 fois le salaire annuel du nouveau poste envisagé pour M. Bernard.

2 millions d’euros d’économie prévues

L’idée a eu le don de faire tiquer Dominique Wilkin, de la CSC Services Publics. «  Cela fait des années que nous réclamons une augmentation de 1 % des salaires pour le personnel hospitalier. Cela équivaut environ à un million d’euros. Je m’étonne qu’on consacre autant de place dans ce document pour le poste de secrétaire-général vu les problèmes rencontrés par le personnel. De plus, les statuts de Vivalia ne permettent pas la création de ce poste. »

Dans la DH du 22 octobre 2019, Yves Bernard calmait le jeu. Aucune décision n’a été prise par le Conseil d’administration. Contacté par Médor, le porte-parole du Ministre des pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne affirme qu’aucune demande de création d’un tel poste n’a encore été soumise au niveau du ministère. Fabian Namur, porte-parole de Vivalia complète : Yves Bernard est "DG et reste DG jusqu’à nouvel ordre, avec plein d’enthousiasme quant aux défis nombreux qui attendent Vivalia."

Adieu la fonction valorisée et valorisante ? À suivre. Ce plan a néanmoins fait l’objet d’une question au Conseil provincial par Brigitte Pétré (Conseillère provinciale Ecolo et membre du CA de Vivalia). Elle n’a pas pu obtenir de réponse de la présidente de Vivalia sur ses interrogations quant à la démarche d’Yves Bernard.

En résonance avec ce nouveau poste et la revalorisation des barèmes, elle se questionne : « Le budget 2020 de Vivalia, pour lequel j’ai voté contre, intègre pourtant de nouvelles économies générées par des mesures de restructurations médicale s’élevant à plus de 2 millions. Or, la direction n’a pas « pu » nous dire en CA où et comment ces restructurations seront opérées. »

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Esquisse du futur site de l'hôpital de Houdemont.

Archipelago - Vivalia. Tous droits réservés

Après cette petite radiologie d’ensemble, passons le patient au scanner.

4. Le nouvel hôpital : la raison de la colère

C’était en décembre 2009. Une grande année pour la clinique Saint-Joseph d’Arlon. Elle venait d’ouvrir un nouveau bâtiment pour loger des services de gastro-entérologie, un service d’auto-dialyse et un hôpital chirurgical de jour. Coût de l’opération : 5,7 millions d’euros sur fonds propres. En marge de l’allégresse du moment, le Dr Pascal Pierre, actuel président du conseil médical des Cliniques du Sud Luxembourg, rappela dans un discours qu’il n’était pas question qu’Arlon n’ait pas un hôpital complet.

C’est qu’un peu auparavant, Vivalia a annoncé l’idée d’un grand chambardement du paysage hospitalier en province du Luxembourg. Les deux grands pôles hospitaliers seraient placés à Marche-en-Famenne (2ème ville la plus peuplée du Luxembourg, après Arlon, chef-lieu de province) et à Molinfaing, en sortie d’E411, sur l’entité de Neufchâteau.

L’annonce déplaît atrocement à Arlon, commune la plus peuplée de la province et aux autres communes frontalières, comme Aubange (3ème commune du Luxembourg, où la démographie est en forte hausse). Et en plus, des investissements viennent d’être consentis pour rénover l’hôpital d’Arlon. Pas seulement les 5,7 millions d’euros du bâtiment mais plus de dix millions d’euros dans d’autres rénovations, investissement et achats de matériel.

Dix ans de conflit

Noël 2009 marque le début d’un conflit de dix ans, largement teinté de politique politicienne, au sein de l’intercommunale Vivalia où l’arrondissement détient 9,7 % des parts. Aujourd’hui, à l’approche de Noël 2019, l’avenir semble être clair : l’hôpital sera construit. Sur un lit d’acrimonie et dans un champ de 15 hectares où paissent quelques vaches et poussent quelques haies, en bordure d’autoroute, à 5 km de la gare la plus proche.

À l’heure de l’urgence climatique, il faudra construire une nouvelle bretelle d’autoroute. À l’heure, aussi, où la Wallonie affiche, dans sa déclaration de politique régionale, vouloir réduire d’un tiers l’usage de la voiture d’ici à 2030. "95 % de nos patients/visiteurs, jeunes ou âgés, viennent à l’hôpital d’Arlon en voiture", rétorque Fabian Namur, porte-parole de l’hôpital, aux défenseurs d’un maintien d’un hôpital d’envergure en centre-ville, à Arlon. Nous y reviendrons.

Entre 2009 et 2019, c’est une saga politico-médicale, façon Urgences au Luxembourg, qui s’est tissée, sans que les citoyens ne comprennent pas tout au jeu politique qui se déroule sous leurs yeux. L’objet de notre enquête n’est pas de revenir là-dessus en détail, mais tentons à une synthèse.

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Vivalia a publié en octobre 2019 les premières esquisses du site hospitalier de Houdemont. "Un nouveau modèle hospitalier, flexible et modulable, prêt à accueillir les patients dans un environnement qui allie confort et excellence des soins", selon l'intercommunale.

Archipelago - Vivalia. Tous droits réservés

En 2015, le journaliste Christophe Leroy du Vif/L’Express publiait une enquête sur le projet du nouvel hôpital de Vivalia. Le titre se suffisait à lui-même : L’hôpital CDH au milieu de nul part.

Pourquoi le CDH ? Parce que le Luxembourg est sans doute la dernière province où le CDH pèse. Et parce que, selon de multiples sources, souvent en off et toujours haut placées dans la politique locale, Benoît Lutgen, ex-président du CDH et homme fort de nos Ardennes, ne pouvait supporter, publiquement, de voir l’hôpital de Bastogne fermer, ce qui était inéluctable dans le nouveau plan de Vivalia.

Au sud du Luxembourg, l’opprobre est totale. Bastogne, 2,5 % des actions dans Vivalia, ne pouvait fermer que si Arlon fermait, aux yeux de Lutgen, glisse un responsable politique de premier plan de l’arrondissement d’Arlon. "Vous avez déjà vu un chef-lieu de province où il n’y a pas d’hôpital complet ? Non ? Moi non plus", s’insurge un fonctionnaire communal du sud du Luxembourg.

Guérilla légale

"Lutgen, pour des raisons politiques, dans un hôpital où il n’allait même pas se faire soigner, a décidé de redistribuer les cartes des soins de santé régionaux", complète un médecin arlonais.

Vinrent alors les premières tentatives de résistance pour changer le projet. Imaginé à Molinfaing, au début, l’hôpital va petit à petit redescendre vers le sud, après avoir été imaginé à Léglise ou à Thibessart. Une piste près de Habay Gare aurait pu séduire les écolos d’Arlon et alentours, mais elle sera abandonnée au profit de Houdemont.

Arlon, contrairement à Marche-en-Famenne, avec ses Willy Borsus, André Bouchat, René Collin, ou Hotton, la voisine de Marche, avec Philippe Courard, n’a guère de personnel politique scintillant au niveau régional pour tenter d’inverser la vapeur.

Mis dans un coin, Attert, Arlon, Messancy, Aubange et Libramont réfléchissent alors à des moyens de contrecarrer le choix du lieu de l’hôpital et la politique de Vivalia. Ils s’adjoignent les services du cabinet de Jean Bourtembourg, une des pointures du droit public et administratif. En 2018, l’avocat suggère aux communes des pistes d’action.

En parallèle, médecins du Sud Luxembourg et Vivalia entament une négociation cruciale pour faire monter les médecins à bord du financement délicat du projet d’Houdemont. Ou comment un projet d’hôpital public allait en partie être financé par des médecins indépendants.

(À suivre)

La suite :

2 : Paroles de blouses blanches (et bleues)

3 : Quel projet pour l’hôpital ? Et à quel coût, finalement ? Parole à Vivalia et à quelques médecins.

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