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Mon arrière-grand-oncle ce nazi

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Juliette Bensimon-Marchina. CC BY-NC-ND.

Une enquête sur les traces de mon aïeul, Julien Carlier, membre influent du parti rexiste. Pas un petit collabo, non, le chef de la propagande active. Condamné à mort par contumace au lendemain de la guerre, il a disparu (ou presque) de la mémoire collective. Et ce, jusqu’à ce que je m’en mêle… Son histoire, c’est notre sombre Histoire.

Tout commence à l’été 2019 à Bru­xelles. Je suis assise à une terrasse, avec ma mère, on parle de choses et d’autres. Entre deux gorgées de limonade, elle raconte : « Comme tu le sais, ma grand-mère avait un frère missionnaire, mort en Haïti bouffé par les cannibales, mais elle en avait aussi un autre, un collabo qui a travaillé pour Radio Bruxelles. » Les yeux écarquillés, ma gorge se serre. « Radio quoi ? » La bombe est lâchée, ma curiosité est piquée, il est temps de fouiller dans les archives de cette famille d’exaltés.

Quelques clics, le monde de l’Internet me confirme l’existence de cet arrière-grand-oncle, né le 30 juillet 1908 à Nivelles (80 ans avant moi). Ingénieur commercial, il devient journaliste et membre de Rex.

Hiver 2019. Une nuit d’insomnie, sur Google, je découvre des archives du Moniteur belge : Julien Carlier, condamné à mort pour avoir été le chef de la propagande de Rex, le parti collabo de Wallonie. Je dois relire le document trois fois pour le croire : « chef de la propagande de Rex ». Cette fois, il ne s’agit plus de curiosité piquée, mais d’urgence de savoir, de comprendre, de raconter.

Antisystèmes

Julien Carlier est issu d’une famille bourgeoise, très catholique. Il se marie en 1930 à 22 ans. Un an plus tard arrive le premier enfant. Et puis, tout s’accélère, ça dégénère. Déserteur de l’armée belge, il s’engage en 1931 dans la Légion étrangère à Sidi Bel Abbès en Algérie sous le nom de Pierre Van Damme. Il déserte …

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