À qui la faute ?

Accidents du travail. Episode 3/7

accidents-travail-header-art2
Mariavittoria Campodonico. CC BY-NC-ND.

Sous-traitance en cascade, pressions sur les travailleurs, flexibilité… les accidents du travail révèlent les limites de notre organisation du travail. Des dysfonctionnements structurels qui provoquent davantage d’accidents.

« Quel drame ! Vraiment, c’est la faute à pas de chance. Si la victime avait été plus prudente, quand même, ça aurait pu être évité… » Ce type de discours, fataliste et culpabilisant, c’est ce qu’on sert généralement à Karl. Le regard de ce conseiller en prévention expérimenté est bien différent. « Si on regarde de plus près les faits, on trouve souvent d’autres causes, plutôt liées à la composition des équipes, à la manière dont les gens sont accueillis et formés. » Avocate spécialisée dans le droit du travail, Sophie Remouchamps abonde dans son sens. « On fait souvent reposer la faute sur l’individu. Dans la réalité, avec une vraie analyse, on va avoir une extrême minorité de cas où il y a une responsabilité individuelle. »

Guy (chauffeur) et Emanuel (ferronnier) étaient pressés par le temps. Angela (aide-ménagère) et Abdul-Azim (ouvrier) n’avaient pas le matériel adapté. German (maintenance) et Raphaël (cordiste) n’ont pas reçu d’instructions assez claires. Etc.

Qui travaille pour qui ? Que produit-on ? À quel rythme ? Dans quelles conditions ? Les accidents du travail soulèvent certains dysfonctionnements dans notre organisation du travail. La sous-traitance, la pression sur les coûts ou encore la flexibilisation du travail sont autant de facteurs qui créent (ou accentuent) un climat accidentogène.

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : abonnez-vous à Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3461 abonnés et 1880 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus