Les « oublis » des statistiques

Accidents du travail. Episode 2/7

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Mariavittoria Campodonico. CC BY-NC-ND.

Il y a ce que les chiffres montrent et ce qu’ils ne montrent pas. Si les statistiques officielles sont riches de multiples enseignements, elles restent parcellaires. Conséquence : notre vision de la sécurité du travail est biaisée et limitée.

Bart Vanraes dénote, dans le paysage austère de la sécurité au travail. En anglais, à grands coups de métaphores et de punchlines aux accents entrepreneuriaux, façon TED Talks, ce conseiller en prévention indépendant alerte sur le phénomène des accidents non-déclarés en Belgique, depuis plusieurs années. Il leur a carrément trouvé un surnom : les « accidents Tipp-Ex ». Son objectif ? Qu’on arrête de se limiter aux statistiques reprises dans les tableaux Excel officiels. « C’est un problème qui est sous-estimé aussi bien dans le secteur de la sécurité au travail que par les gouvernements. »

Médor a longtemps essayé de quantifier et de chiffrer ce phénomène de sous-déclaration avant de se rendre à l’évidence : si le plan 2022 du Service d’Information et de Recherche Sociale (SIRS) prévoit une analyse et l’élaboration d’un plan d’action sur le sous-signalement pour visibiliser certains accidentés invisibilisés, avancer un chiffre est actuellement impossible.

En revanche, il est possible d’expliquer pourquoi les chiffres officiels sont lacunaires. À travers trois histoires, complétées par des encadrés explicatifs, Médor a exploré trois angles morts de nos statistiques.

  • Raphaël était cordiste lorsqu’il a été victime d’un très grave accident sur un chantier. En raison de son statut d’indépendant, son accident n’a pas été repris dans les chiffres.
  • Sans papiers et travaillant au noir, Abdul-Azim ne figure pas non plus dans les données officielles. Son histoire illustre la grande précarité dans laquelle vivent les travailleurs de l’économie informelle.
  • Conseiller en prévention, Karl a été contraint de dissimuler des accidents survenus …

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