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Celles qui restent

Femmes contre les violences policières

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Melek Zertal. Tous droits réservés.

Les violences policières touchent presque toujours les hommes. Mais dans l’ombre, ce sont les mères, filles et compagnes de victimes qui luttent. Des femmes marginalisées, dont j’ai voulu raconter le combat.

Comte de Flandre. C’est le nom du quartier molenbeekois où j’habite, avec ma mère et mes quatre frères. Un soir d’août 2020, alors que je suis en France, une amie m’envoie une vidéo publiée sur Facebook. On y voit mon petit frère, interpellé par la police dans le contexte tendu du confinement. L’ami avec qui il remonte la rue ne porte pas de masque. Mon frère, lui, le porte sous le menton. Une infraction qui leur vaut un contrôle d’identité. La scène est filmée par le Biais vert, un média militant écologiste, et publiée sur leur page Facebook. Sur la vidéo, les choses tournent mal.

À peine descendus de leur voiture, les agents distribuent quelques coups à l’ami de mon frère, qui essaye de s’interposer, avant de déguster à son tour. Pour moi, c’est le choc. Illico, j’appelle à la maison. Pour savoir. Mon frère est là, il m’explique. « Ne t’inquiète pas, c’était il y a plusieurs semaines déjà. » Le jour du contrôle, il est rentré à la maison comme si rien ne s’était passé, sans en parler. Mais aurait-il pu ne pas rentrer ? J’entame des démarches pour trouver un avocat, porter plainte… Mais mon frère est catégorique : hors de question de faire quoi que ce soit. Pour lui, c’est du passé.

A., une jeune fille dans ma tranche d’âge et habitante de Chicago, le quartier de l’autre côté du canal calé entre la place Sainte-Catherine et le Petit-Château, a vécu une histoire qui, par ici, est qualifiée d’ordinaire. …

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