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Dyle : La rivière est un chancre
Textes (CC BY-NC-ND) : Philippe Engels & Emmeline Van den Bosch
Photos (CC BY-NC-ND) : Aurélien Goubau
Publié le
En six ans, l’association Aer Aqua Terra et ses bénévoles auront retiré 300 tonnes de déchets de la Dyle.
Profession : nettoyeurs de rivière. Voici comment un duo ultra-déterminé lutte à mains nues contre la bêtise humaine. Qui va l’emporter ? On parie ?
La première fois que nous avons rencontré Ann-Laure Furnelle, elle avait le nombril dans la Dyle et pêchait des déchets près d’un petit barrage rempli de saloperies en plastique et de ballons. Elle a crié d’une voix rauque :
- Ah, c’est vous, le journaliste qui enquête sur le béton et l’eau dans la région. C’est bien… Y’a beaucoup à raconter. Mais moi, j’vous ai jamais vu dans la rivière, hein. Faut venir à une de nos activités. Suffit de s’inscrire sur notre site. Vous comprendrez mieux.
En septembre 2023, Ann-Laure, son compagnon Marc Verheyden, deux autres salariés et une poignée de bénévoles de l’asbl Aer Aqua Terra, fondée il y a six ans, ont chaussé leurs wadders – de longues bottes de pêcheurs – à Genappe où la Dyle sort de terre. Là, si près de la source, ils ont sorti de l’eau une tonne de lingettes en une dizaine de jours. Résultat : elle a lancé un nouveau coup de gueule, qui résonne dans la vallée. Tout le monde connaît cette forte personnalité, ce caractère bien trempé dans ce sous-bassin versant de l’Escaut où l’état de la rivière et de ses affluents reste globalement lamentable.
« En termes de déchets, dit-elle, je n’ai pas encore trouvé de chancre aussi grave que le Brabant wallon. Le lit de la rivière est un matelas tapissé de déchets. Ils ne …