Il faut 10 000 heures au noir

Activa, l’enquête inaboutie

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Leo Gillet. CC BY-NC-ND.

Immersion dans un secteur où la fraude sociale organisée se généralise, inquiète les spécialistes, exploite de la main d’oeuvre « en vrac » et reste le plus souvent impunie.


Payer au noir, tous les mois, un minimum de 10 000 heures de travail : telle est la stratégie de l’entreprise bruxelloise Activa pour doper sa rentabilité et rester en pole position sur le marché fortement concurrentiel du nettoyage industriel. Cet objectif cynique des 10 000 heures fraudées transparaît des informations judiciaires, des documents internes et des témoignages concordants recoupés par Médor depuis plusieurs mois. Les services d’inspection sociale sont sur le coup. Une enquête judiciaire a été ouverte suite à des soupçons de fraude et de blanchiment. Les premiers doutes datent d’avant 2018. La justice semble patiner sans raisons apparentes.

A son bilan social, la firme Activa affiche un peu plus de 200 travailleurs à temps plein majoritairement masculins et 900 temps partiels à 60 % féminins. Créée en 1997, la firme au logo bleu et blanc fait blinquer des hôtels, des firmes privées, de grands magasins Carrefour ou Delhaize et des administrations comme Fedasil (l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asiles) ou… l’ONSS, l’office chargé de récolter les cotisations sociales. Au service d’Activa, selon des documents judiciaires : une kyrielle de sous-traitants qui utilisent une main-d’œuvre à dominante marocaine, roumaine, portugaise ou brésilienne. Et une armée de simples gens, pressés de travailler même s’ils sont en chômage économique, de remplacer un parent déficient et d’accepter des paiements à la dérobade, sous la forme d’enveloppes glissées dans la poche. Sans contrôle suffisant ni protection sociale garantie.

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