« Les pharmas vont ruiner l’assurance maladie ! »

Jean Hermesse, le secrétaire général des Mutualités Chrétiennes, en clôture de notre série sur les opioïdes.

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Cyril Elophe. CC BY-NC-ND.

Jean Hermesse rencontre de temps en temps les marketers de l’industrie pharmaceutique. Bientôt à la pension, le secrétaire général des Mutualités Chrétiennes (4,5 millions de membres) leur dit : « Combien d’entre vous ont comme objectif une rentabilité de moins de 7 % dans la vente de vos médicaments ? » Silence. « Vous savez qu’en Belgique, le budget des soins de santé augmente de 1,5 % par an ? On a un problème là. »


Médor a réuni
43 témoignages de consommateurs d’opioïdes. Cela nous permet de rentrer dans ce moment intime de la consultation entre médecin et patient. Vous avez lu ? Vous en retirez quoi ?

Jean Hermesse : Oui, j’ai lu ces témoignages, qui révèlent beaucoup de choses. Ce qui me frappe, même si c’est connu, c’est que le médicament crée de la dépendance, un mal être, des troubles du comportement, des crises de manque. La médecine devient iatrogène (« Se dit d’un trouble, d’une maladie provoqués par un acte médical ou par les médicaments, même en l’absence d’erreur du médecin. », merci Larousse). Le patient part d’un problème et termine avec un autre problème !

Comme avec les opioïdes.

Il faut être de bon compte : certains de vos témoins indiquent que, grâce à ces médicaments, ils ont pu dépasser la douleur. Mais le recours à ces médicaments est quand même rapide. Plus d’un million de consommateurs en Belgique pour le Tramadol, c’est énorme ! Alors qu’initialement, ces médicaments sont limités aux douleurs du cancer, ils sont utilisés dans beaucoup d’autres cas et bien au delà de ce qui devrait être prévu. Là, on a un gros souci.

Les indications sont pourtant claires et il y a un consensus sur le cadre de prescription. Ils sont inutiles ou peu utiles en cas de céphalées ou fibromyalgies, peu efficaces en cas de douleurs chroniques. Mais les prescriptions n’en …

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