Nous, au fond de la classe

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Amélie Carpentier. CC BY-NC-ND.

Ils s’appellent Christine, Dominique, Fabian, Jojo, Johnny, Monique, Sébastien. La vie ne leur a pas fait de cadeau. L’école non plus. Oubliés au fond de la classe, ignorés des professeurs, ils ont pensé qu’ils valaient moins que les autres. Ils auraient rêvé que l’école leur donne confiance. Mais elle avait autre chose à faire que s’occuper d’eux.


Mardi 10 mars 2020, à Namur, dans un local exigu du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), nous nous serrons autour d’une table, sans nous connaître encore tous. On ne se serre pas la main, coronavirus oblige, on ne sait pas encore que dans quelques jours, on sera totalement confinés.

Il y a Christine, Dominique, Jojo, Johnny, Monique, Sébastien, Fabian, réunis à l’initiative du RWLP et des Transform’acteurs, un groupe d’alphabétisation affilié à l’asbl Lire et Ecrire. Il y a aussi Christine Mahy, la secrétaire-générale du RWLP. Et il y a deux collaborateurs de Médor, venus entendre les récits de leurs parcours scolaires accidentés. Comprendre à travers eux une certaine fabrique belge des inégalités.

Le temps d’une après-midi, on se parle, on se raconte les histoires. On explique ces petits abandons, qui ont eu de grandes conséquences. On répète les mots qui ont blessé, laissé des marques profondes dans l’estime de soi. Les mâchoires se crispent encore à leur évocation. On parle d’une école qui n’a pas su, pas voulu prendre le temps. Tous parlent du fond de la classe, où ils ont végété, espéré en vain un peu d’attention. On évoque aussi ces rares professeurs qui ont fait preuve de patience, et dont le souvenir émeut encore, des décennies plus tard. On dit encore la soif d’apprendre, malgré les écueils, et qui a parfois fini par payer, avec l’aide d’associations d’alphabétisation.

Quelques fragments de ces échanges sont retranscrits ci-dessous.

« Tu n’as qu’à regarder dans le …

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