Comment noyer la Justice (sous la procédure) ?

Episode 2/3

« Je m’appelle Stéphane Moreau, ou l’ex-ministre X, ou le grand patron Y. Je sens qu’on aimerait m’amener devant un tribunal. Je fais quoi ? Je joue la montre. » Pronostic de Médor : pas de procès avant 2026.

Une affaire politico-financière, c’est comme un match de hockey, sauf qu’en Belgique, on ne gagne quasi jamais. Les coups de sticks sont tolérés. Beaucoup de rencontres ne se terminent pas. Le plus faible renonce : l’État. Nous, en réalité.

1er quart-temps : l’enquête

Les adversaires s’observent. L’un d’eux mène les échanges. C’est le parquet. Sur les grosses affaires, il désigne en général un ou une juge d’instruction. Durée de jeu moyenne : au moins 5 ans.

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Laetitia Gendre. CC BY-NC-SA

« Dans ces matières où les chiffres comptent, il est illusoire de croire qu’on peut conclure plus vite, commente une juge d’instruction établie en Wallonie. Prenez un cas de figure fréquent. Nos enquêteurs débarquent au siège social d’une firme quelconque. Ils ne sont pas toujours assez formés pour faire le tri. D’où ces images de télé – bonjour, la discrétion – où on voit des policiers avec un brassard orange qui engouffrent des caisses de documents et des ordinateurs dans des combis. Combien de temps faut-il en général pour débriefer efficacement une série de perquisitions, pensez-vous ? »

Combien ? « Un an. Souvent deux. »

Et parfois tout s’arrête-là.

Trop complexe, trop international. Trop sophistiqué pour la Computer Crime Unit, chargée de déchiffrer les disques durs. Dès ce premier quart-temps, la défense se mure devant son but et repère les faiblesses de l’attaque adverse. Un exemple de stratégie déployée par l’équipe d’avocats de Stéphane Moreau, ce patron d’intercommunales publiques dont on a brossé le portrait dans l’épisode 1  : exploiter tous les trucs …

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