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La chirurgie miraculeuse

Episode 1/3

À l’adolescence, Sasha découvre que son corps n’est pas tout à fait comme celui des autres. Une particularité qui l’amène tout droit au bloc opératoire. Onze ans après avoir été victime d’une grave erreur médicale, elle raconte son histoire à Médor.

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Louise Duneton. CC BY-SA

Février 2009. Dans quelques mois, Sasha soufflera ses seize bougies. Elle est heureuse, mais une pensée la chiffonne. « Pourquoi n’ai-je toujours pas mes règles ? », glisse-t-elle à sa mère, Virginie. Alors que certaines de ses copines expérimentent leurs premières relations sexuelles, elle se compare et s’inquiète.

Pour apaiser l’adolescente en plein désarroi, Virginie l’emmène voir un gynécologue. « Pas de panique, il y en a chez qui ça arrive tard », dit-il calmement. Mais Sasha n’y croit pas. Quelques mois plus tard, elle consulte à nouveau. Cette fois-ci, le soignant l’examine. Avril 2009. Le diagnostic tombe. « Vous êtes atteinte du syndrome MRKH. Il vous sera impossible de porter un enfant, toutefois vous pourrez avoir des rapports sexuels avec un traitement adéquat », explique le médecin. Les grands yeux bruns de Sasha s’écarquillent. Elle n’est pas sûre de bien saisir. Les larmes lui montent aux yeux.

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Le syndrome MRKH, ou Rokitansky, touche environ une femme sur 4 500. Il se définit par une absence totale ou partielle de vagin et d’utérus. Bien souvent, les jeunes filles s’en rendent compte à l’adolescence, ne voyant pas leurs règles arriver.

Sasha ne le sait pas encore, mais il s’agit d’une forme d’intersexuation. « Intersexe », c’est le « I » de « LGBTQIA+ ». Les personnes intersexes possèdent des caractéristiques biologiques qui ne correspondent pas aux définitions typiques d’un corps masculin ou d’un corps féminin. Visibles dès la naissance, lors de la puberté ou à l’âge adulte, ces variations concernent 1,7 % des …

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