6min

La fuite, les enchères et l’oubli collectif

De réfugiés à internés… le camp oublié. Episode 3/3

kenncarte1.png
None. CC BY-NC-ND.

Après l’entrée en guerre de la Belgique, l’évacuation du château de Fourneau est ordonnée. Aujourd’hui, il reste peu de traces de cet épisode historique. Les derniers effets personnels des internés ont été discrètement vendus et, à Marchin, rien ne fait référence à ce sombre passé. Un devoir de mémoire à géométrie variable ?

Deux heures. Cela fait désormais deux heures que Joseph Herz et Abraham Kimelmann, internés au camp de Marchin, ont fui le centre. Au château, des interrogatoires sont menés, les chambres des protagonistes inspectées. Très vite, les fuyards seront revus. Interceptés par la gendarmerie à une quinzaine de kilomètres, ils sont conduits à la prison de Namur. Cette tentative d’évasion a des conséquences sur les internés. La direction leur interdit d’avoir de l’argent liquide sur eux et souhaite renforcer les clôtures. Histoire d’annihiler toute velléité, déjà excessivement rare. « Sans papiers, sans moyens de subsistance, sans relais, parlant pour la plupart exclusivement allemand, le réfugié a peu de chance d’échapper à la police, » rappelle Callens. « Surtout qu’une fois arrêté, il sait qu’il sera reconduit à la frontière allemande. » Au sein du camp, peut-être même ces hommes se sentaient à l’abri d’un monde extérieur de plus en plus hostile. Ce sentiment volera en éclats, le 10 mai 1940. L’Allemagne lance son offensive.

La fuite

Deux jours après l’entrée en guerre de la Belgique, il est ordonné aux différents camps de réfugiés et d’internés d’évacuer. À Marchin, les bagages sont chargés à la hâte sur une charrette. Le directeur forme avec ses détenus une colonne. Comme des milliers de civils, les voilà sur la route de l’exil. Direction Namur, puis la France encore libre. Leur parcours est chaotique. Confronté à la destruction des ponts et des infrastructures ferroviaires, le groupe part à pied. Trois réfugiés, pris pour des parachutistes allemands à Namur, seront fusillés …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2844 membres et 1727 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus