Les quatre fers en l’air
Où enterrer mon cheval ?
Cinq cimetières animaliers existent en Belgique. Un seul accueille les dépouilles d’équidés, ce qui le rend unique en Europe. Un cheval, ça s’enterre comment ?
Depuis 1993, environ 3 000 animaux de compagnie ont été enterrés à Liège au sein du cimetière animalier Le Paradis des Animaux. Chats, chiens, lapins et même une poule y ont trouvé le sommeil éternel. « On a déjà enterré un poisson rouge », relate Marie-France Geys, l’une des bénévoles qui s’occupent du cimetière.
Ce qui fait la particularité de ce lieu, ce n’est pas la présence des arêtes de Bubulle en son sol, mais bien celle d’une dizaine de carcasses d’équidés. Le site liégeois est le seul à proposer l’inhumation des chevaux et des ânes en Europe. « On a des chevaux français, hollandais, allemands… On nous a même déjà téléphoné d’Angleterre, mais on a dû refuser », dévoile-t-elle.
Lorsque son conjoint Robert Brose, le fondateur du cimetière, était encore en vie, Marie-France Geys l’accompagnait en camionnette pour aller chercher les dépouilles équines. « Il fallait faire vite, car si on attend trop longtemps, le corps gonfle. Il peut même doubler de volume, ce qui le rend impossible à transporter. »
Les deux premiers chevaux à avoir été inhumés, Grany et Rina, l’ont été en 1994 et ont la particularité d’avoir été ensevelis debout, dans un cercueil confectionné sur mesure. Ceux qui leur ont succédé, Blue Belle, Lupin, Horizon ou encore Lupin III, ont été enterrés couchés sur le flanc, dans une housse mortuaire. « Un enterrement de cheval coute environ 1 700 €. Avec un cercueil, c’est presque le double du prix », révèle Marie-France Geys. La concession, quant à elle, coute 55 € par an. « On ne fait pas ça pour le profit, alors si la personne souhaite enterrer des animaux supplémentaires par après sur la même concession, c’est faisable. »
Crémation équine
Marie-France n’est désormais plus en mesure de gérer ce type d’enterrement. « Il faut manipuler un Manitou (chariot élévateur, NDLR) de plusieurs tonnes pour soulever les bêtes, et ça prend du temps. » Mais elle réoriente les personnes qui la contactent pour un cheval vers un crématorium équin (à Saint-Trond, Soignies ou Droixhe, par exemple).
Réduits en cendres, les chevaux peuvent toujours reposer à Liège… Tout comme leurs cavaliers. « Nous avons construit un columbarium (monument qui accueille les cendres de défunts, NDLR) pour que les propriétaires puissent rester proches de leurs animaux après la mort », confie Marie-France. Elle a déjà réservé, pour elle, l’une des cases de la structure mortuaire.