Photos à la carte
Clichés d’identité
Chaque pays impose ses propres règles pour les clichés d’identité. Un casse-tête pour ce magasin photo bruxellois qui accueille une clientèle internationale.
Derrière le comptoir du magasin de photo Les Années Lumière, implanté au cœur du quartier européen à Schuman, Juliette Velissariou feuillette son grimoire : une farde énorme, avec des centaines de pages aux bords jaunis et déchirés. Il répertorie les règles propres à chaque pays pour la réalisation de photos d’identité.
« C’est bien ce qu’il me semblait », sourit-elle en scrutant la feuille dédiée au Kirghizistan. Au centre de cette page, trois points d’interrogation. « C’est la première fois que je dois faire la photo d’identité d’une personne du Kirghizistan. Bon, vu qu’on n’a pas d’information, on prend la photo belge par défaut, c’est-à-dire une image de 3,5 cm sur 4,5 cm, sur un fond blanc avec le visage dégagé et une expression neutre. C’est une photo assez standard, donc, la plupart du temps, ça passe. »
Les pays d’Asie centrale sont très peu représentés dans la clientèle de la boutique. Ce sont généralement plutôt des citoyens issus des 27 pays membres de l’Union européenne qui viennent se faire tirer le portrait. Néanmoins, avoir son pays qui siège au Parlement européen n’empêche pas le flou dans les règles à appliquer. « Je n’ai jamais pu avoir de règles précises pour les photos d’identité italiennes, alors on les a devinées, admet Benoît De Cuyper, patron des Années Lumière. On a déjà dû refaire plusieurs fois une photo, car elle était refusée. L’Italie avait modifié les règles sans rien …