C’est l’histoire d’une interview qui a dévissé. Et c’est ce qui pouvait arriver de mieux. Rencontre avec l’écrivain Antoine Wauters, à l’envers du monde.
Dans Le Plus Court Chemin, livre qui remonte le fil de son enfance dans le village ardennais de Fraiture, Antoine Wauters raconte l’habitude qu’avait sa mère de dessiner sur des bouts de serviettes en papier ou de journaux. Et comment lui dessinait au dos des documents officiels que son père ramenait de la banque (où il travaillait). « De sorte que maman […] nous a appris que l’art se pratique au dos du monde, toujours. Et que l’envers est l’endroit le plus précieux. »
Le matin du 19 juin, j’ai donc traversé la Belgique, dans l’objectif d’atteindre « l’envers du monde ». Cet envers semblait localisé dans le petit village de Becco (près de Theux), où vit Antoine Wauters. Loin de Bruxelles et Paris où le quadragénaire est devenu, par un étrange effet d’inversion, un écrivain « reconnu ». Passé en vingt ans de la poésie au roman, d’une petite maison d’édition (Cheyne), à une moyenne (Verdier), jusqu’à l’influente Gallimard, Antoine Wauters est aujourd’hui un écrivain belge « coté ». Une cote qui se traduit, entre autres, par une vingtaine de prix littéraires (dont les prix Wepler, Marguerite Duras, Livre Inter pour Mahmoud ou la montée des eaux en 2021, le Goncourt de la nouvelle pour Le Musée des contradictions en 2022, le prix Rossel pour Le Plus Court Chemin en 2023, les prix Jean Giono ou de la Scam pour Haute-Folie en 2025, etc.). Et par une actu : Notes pour passer l’hiver paraitra chez Gallimard en novembre prochain, suivi …