Textiles : la bulle explose
Goinfrés à la fast-fashion et aux vêtements en lambeaux, les bulles de collecte explosent et les centres de tri implosent. Face à la crise, le monde politique a tardé à soutenir les acteurs de l’économie sociale qui assument la revalorisation des textiles. Un secteur désormais au bord du gouffre.
Le secteur de la collecte et de la revalorisation des vêtements et des textiles s’attendait à un « tsunami », ils ont récolté pire : « la montée des eaux totale ». Les métaphores aquatiques sont de Christian Dessart, responsable de l’asbl Terre, qui décrit une situation « gravissime ». Les fameuses bulles à vêtements bleues gérées par son asbl débordent depuis des mois, les centres de tri et ressourceries sont surchargés et notre boulimie de fringues cheap augmente sans cesse la crise. Cette noyade vaut pour les gros acteurs de la collecte (Terre, Oxfam, Les Petits Riens), mais aussi les plus petites structures. « On a très peur pour notre survie », résume Franck Kerckhof, directeur adjoint de Ressources, la fédération des entreprises sociales et circulaires. Que s’est-il passé ? Depuis la mi-2024, le secteur se retrouve coincé dans une « lasagne multicouche de problèmes », résume Christian Dessart, puisant cette foix-ci dans la métaphore culinaire.
1 : le tas de fringues
La première couche, c’est nous, les acheteurs de vêtements, qui la créons. En mars 2025, un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a fait grand bruit, alors que tous les États membres font face à une crise de la collecte. Il affirme qu’entre 2019 et 2022, la consommation annuelle de textile est passée de 17 à 19 kilos par Européen. L’AEE et les acteurs de la collecte de vêtements sont d’accord sur les causes de nos voracités textiles : le shopping en ligne est au cœur de nos vies, piloté par les …