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Suer, sécher et recommencer

Bodybuilding féminin

Training, talons et Tupperware : en Wallonie, des sportives s’affirment et s’affament au nom du bodybuilding, une pratique longtemps concentrée en Flandre, qui trouve aujourd’hui des adeptes chez la jeunesse fitness des campagnes du sud.

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Zoé Quenon. Tous droits réservés

Laurine m’avait laissé le souvenir d’une fille discrète qui aimait l’équitation. On avait environ 10 ans quand elle et moi étions dans la même classe et, parce qu’on ne s’est plus côtoyées par la suite, mon impression d’elle s’est arrêtée là. Après l’école secondaire, j’ai quitté Marche-en-Famenne. Laurine est réapparue des années plus tard sur mon fil d’actualités Instagram, en bikini à strass, la peau tannée et les abdos saillants. Elle vivait toujours dans notre région d’origine et était devenue « athlète IFBB », ou bodybuildeuse. Ça a commencé comme ça. Le bodybuilding n’était pas qu’un truc de mecs et ne se pratiquait pas qu’ailleurs.

Sur ces photos où elle est méconnaissable, Laurine pose devant les palmiers de Santa Susanna, commune à soixante kilomètres de Barcelone surnommée la « Mecque du culturisme européen ». La région accueille chaque année le championnat d’Europe de l’IFBB (la Fédération internationale de fitness et de bodybuilding), où une nuée orangée d’athlètes investit les hôtels de la côte, qui prévoient pour l’occasion des buffets de riz blanc et de poulet sans assaisonnement. En 2023, Laurine était la seule athlète de la catégorie féminine « bikini » – la plus populaire – envoyée au championnat par la délégation belge de la fédération, la BIFBB.

« À l’aéroport, on me regardait comme si j’étais un alien parce que j’étais toute toute fine, mais ce n’était que du muscle. Quand on est en sèche [dernier stade de la préparation censé éliminer le plus de graisses possible, NDLR], on devient …

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