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La dernière procession

Procession de Tournai

La procession de Tournai est la plus vieille de Belgique. « Il n’y aurait pas d’équivalent d’une telle ancienneté ni de semblable permanence dans tout l’Occident », selon l’historien Jacques Pycke. Aujourd’hui, elle ne vit pas, elle survit. Pourtant, Alison, Pierre, Christian, Alexandra ou Thérèse s’acharnent à maintenir ce « vieux machin ». Pourquoi au juste ?

Portrait Thérèse Solo
Thomas Freteur. Tous droits réservés

Au XIIIe siècle, un moine tournaisien, Gilles li Muisis tente de « combattre l’oisiveté » et les « mauvaises pensées » en écrivant des textes historiographiques. Et nous apprend ceci : en 1229, la foule de pèlerins présente à la procession était si nombreuse « qu’à la porte Prime, trente et un d’entre eux moururent étouffés ». En 1277, toujours à la procession, « il se produisit une telle presse que 26 personnes perdirent la vie ».

Les temps ont changé. En 2025, mourir écrasé par la foule en participant à la grande procession relèverait du miracle. Aucun chiffre officiel n’existe, mais le comité organisateur estime à 900 le nombre de participants (quand même !) pour… un chouïa plus de public. « Quand tu débarques, la première impression, c’est celle d’un vieux machin, hors du temps, surgissant de nulle part », explique Pierre Wuidart, journaliste, qui a découvert l’événement il y a dix ans quand il officiait pour la presse locale.

Chaque année en septembre, donc, 900 femmes, hommes et enfants habillés de robes de bure, de mantilles et autres costumes historiques, portent à travers la ville des brancards surmontés de vierges et de reliques de saints. Que font-ils ? Ils rejouent un « miracle » tournaisien survenu en 1090. Frappée par la peste (en réalité une épidémie d’ergotisme, soit l’intoxication par l’ergot du seigle), la population tournaisienne massée vers la cathédrale avait obéi à son évêque, Radbod, à qui était venue une grande idée : effectuer une procession, nu-pieds et accompagné de reliques, tout autour de la Ville …

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