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« La campagne, c’est dans la tête »

Serge Schmitz

Si l’on exclut des territoires comme Monaco, le Vatican, Jersey ou Gibraltar, la Belgique est le deuxième pays le plus densément peuplé d’Europe, après les Pays-Bas.

Les 383,3 habitants par kilomètre carré interrogent en permanence le rapport entre les zones résidentielles, qui s’étendent, et l’espace rural. Reste-t-il encore de la place pour la campagne en Belgique ? Et la campagne, en 2025, c’est quoi finalement ? Un mythe qui survit dans nos têtes ? Un espace regardé de loin (ou de haut) par les médias ? Médor a (longtemps) cherché quelqu’un qui s’intéresse de près (et de pas trop haut) à ces enjeux. Ce ne fut pas évident.

« Et vous m’avez trouvé moi. Il faut dire que je suis presque le dernier exemplaire de géographe ruraliste en Belgique. » Lui, c’est Serge Schmitz, géographe né à Micheroux, à l’entrée du plateau de Herve. À l’ULiège, dans les années 90, il fait son mémoire sur les cimetières en ville avant de se plonger dans des recherches à cheval sur la géographie rurale et la géographie culturelle. Depuis, il observe la reconfiguration des campagnes à l’aune des grands bouleversements du siècle dernier.

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Adèle Boterf. CC BY-NC-ND
Médor :

La campagne, ça existe encore en Belgique ?

Serge Schmitz :

L’OCDE dit qu’il y a espace rural quand la densité de population est inférieure à 150 habitants par kilomètre carré. C’est totalement arbitraire. Si on regarde ce critère, on peut se dire qu’il y a de moins en moins d’espaces en Belgique qu’on peut vraiment considérer comme ruraux, ou de sociétés rurales. Donc certains disent que ça n’existe plus. Pourtant, quand on regarde la proportion de l’espace qui est occupé par l’agriculture et la forêt, cela reste quand même la majorité de la superficie wallonne. Mais les agriculteurs ne représentent plus qu’une infime partie de la population, moins de 1 % et ça diminue chaque année.

Médor :

Faut-il encore nommer la campagne ainsi et l’étudier, si elle tend à disparaître ?

Serge Schmitz :

Pour moi, on commence à être à la campagne à partir du moment où la notion d’espace, de distance existe et se ressent. Donc quand on doit réfléchir pour se déplacer. La ville serait l’endroit où l’on a tout sous la main à moins de dix minutes, et la campagne, c’est l’endroit où on doit sortir sa voiture, son agenda pour avoir accès à une série de services. En plus, à partir du moment où des gens disent « je vais à la campagne, j’habite à la campagne », c’est qu’il y a …

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