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Cauchemar à Istanbul

Esila Ayik, emprisonnée en Turquie

Elle ne répondra pas à des questions du type « Erdogan est-il un dictateur ? », nous a prévenus Esila Ayik, 22 ans. Cette étudiante gantoise en photographie a passé cinq semaines dans une prison turque en avril 2025. Libérée à la suite de pressions internationales, elle reste contrainte de surveiller ses propos, étant toujours sous le coup d’une peine de 4 ans et 8 mois d’emprisonnement. « Comment les Turcs de Belgique peuvent-ils voter pour Erdogan ?, enrage-t-elle. C’est à cause d’eux que j’ai été emprisonnée. »

Interview parue dans Humo.

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Ayfer Erkul

Vous avez été arrêtée le 8 avril après avoir participé à une manifestation de soutien à Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul, qui avait été emprisonné peu avant.

Esila Ayik

Imamoglu est la énième figure d’opposition à se retrouver derrière les barreaux en Turquie. Il est très populaire, surtout auprès des jeunes. Sa réélection comme maire, l’année dernière, a porté un coup à Erdogan, dont il est devenu en peu de temps le principal rival. Beaucoup de mes amis ont participé aux manifestations qui ont suivi son arrestation. Certains ont été arrêtés puis rapidement relâchés. J’étais révoltée et me sentais en même temps un peu coupable : pendant qu’eux descendaient dans la rue, je vivais ma petite vie confortable en Belgique.

Ayfer Erkul

Vous êtes alors partie à Istanbul pour prendre part aux manifestations.

Pour rendre visite à ma famille, en fait. Mon billet était réservé depuis des mois. Mais une fois sur place, je me suis senti le devoir de participer. Je suis allée avec des amis à un concert de solidarité qui a rassemblé 6 000 personnes, essentiellement des étudiants. J’ai voulu faire des photos – en veillant à ne pas photographier de visages. Beaucoup de gens tenaient des banderoles et des pancartes aux slogans tels que « Erdogan dictateur ».

La police turque, qui n’hésite pas à faire usage de gaz lacrymogène ou de balles en caoutchouc, était aussi présente en masse.

Ils étaient tantôt plus nombreux que les manifestants. Quel besoin y avait-il de …

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