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Une amitié interdite

Le gardien et l’ex-détenu

Paul est gardien de prison. Le week-end, il travaille dans les chevaux. Souvent, Gaston l’aide. Les deux hommes s’entendent bien mais n’ont pas le droit de se fréquenter.

L’odeur du foin se mélange à celle du café. Martine, doyenne de la ferme, termine de nourrir les chevaux. Elle rejoint ensuite sa cuisine pour un expresso matinal avec Paul et Gaston. La ferme est un habitat groupé où les écuries jouxtent les habitations. Paul y vit. Gaston vient régulièrement donner un coup de main.

En 2005, Paul a la trentaine lorsqu’il est quelques jours au chômage ; il décide de postuler pour devenir agent pénitentiaire. Si des hommes sont en prison, c’est qu’ils l’ont bien mérité : c’est avec cette pensée que Paul entame sa carrière à la maison d’arrêt de Forest, à Bruxelles. Puis se frotter aux réalités carcérales change son regard.

Le gardien se souvient d’un terroriste qu’il a longtemps surveillé : « Je ne vais pas dire que c’était mon ami mais… Si. Je le voyais plus que ma femme. On était au quartier de haute sécurité, il ne se passait rien. Alors on papote. Huit heures par jour. Je comprends ce qui a pu l’amener à prendre le chemin qu’il a pris. Je ne supportais pas quand d’autres surveillants marchaient sur son tapis de prière pour l’énerver. Quand j’ouvrais la porte de sa cellule et qu’il était en train de prier, je refermais la porte et je revenais dix minutes plus tard. »

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