Qui se souvient du Woodstock wallon ?
Amougies. 1969
Texte (CC BY-NC-ND) : Chloé Andries
Photos : Colin Delfosse (2023) & Jean-Paul Bois-Margnac (1969)
Publié le
Amougies. 1 200 habitants. Il y a plus de 50 ans, ce petit village du Hainaut a eu son heure de gloire, accueillant ce que les fanas de l’histoire du rock appellent… « le Woodstock belge ». Mais que reste-t-il de la légende dans cette commune aujourd’hui endormie ?
On aurait pu se retrouver au café. Mais l’unique café d’Amougies n’ouvre qu’à 15 h. Il est 11 h. Sur la place du village et alentour, pas vraiment d’autre endroit où aller. Dit plus prosaïquement : c’est mort. Pas un resto, pas même une boulangerie.
Alors, après une tentative ratée à la maison communale – qu’on n’avait pas prévenue et qui n’avait donc pas de pièce chauffée à nous proposer –, nous voilà donc chez lui. Chez Guy.
Guy Vandenhove, 75 ans, vit dans une petite maison de rangée à deux pas de ladite place. Jusqu’à il y a quelques années, il habitait avec sa mère. Mais elle est décédée. Alors aujourd’hui, il n’a plus que Saligot, son canari, pour lui tenir compagnie. « Saligot, parce que quand il prend son bain, l’eau spite de partout. » Guy est président des Jacobs, une association de fumeurs de pipe (le but du jeu, trois fois par an, est d’être celui qui finit sa pipe le dernier, la « nuit de l’homme », dit-il). Avant, il était membre de l’Harmonie. Qui a disparu. Guy ne connaît plus vraiment ses voisins. « Les gens partent en voiture le matin, reviennent le soir, on ferme la porte, on ouvre son ordi, voilà. Hier, j’étais au bistrot, à 18 h, il n’y avait que deux clients », enchaîne-t-il, en sirotant son verre de rosé.
Une cuite
Je lui demande de me raconter la vie « avant ». Celle de 1969. Il me décrit un quotidien de village animé, celui des petits commerces, des supérettes, …