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Une arête dans l’entrée

La pêche au thon, c’est aussi l’incarnation du mal. Du 100 % boîte de conserve, 100 % industriel, 100 % climato-incohérent… Et surtout, qui dit pêches au thon, dit surpêche au thon.

Nous vivons dans une contrée étrange qui a inscrit dans ses papilles nationales un mets, la pêche au thon/perzik met tonijn, dont les deux ingrédients clés ne sont absolument produits nulle part entre Pont-Camus et Bois-le-Duc. En 2020, les Belges ont acheté pour 96,3 millions d’euros de boîtes de thon, selon le Marine Stewardship Council (MSC), un label qui se présente comme durable. Riche en oméga-3, en protéines, en vitamine B12, le thon en boîte est une valeur sûre de nos garde-manger, et sa consommation a augmenté pendant la pandémie. Le thon est un enjeu économique majeur : il représente 20 % de la valeur de toutes les pêches en mer et 8 % des produits de la mer vendus dans le monde.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « plus de sept millions de tonnes métriques de thon et d’espèces apparentées sont pêchées chaque année » sur notre planète, dont 33,3 % à des niveaux biologiquement non viables. Animal remarquable (à 30 ans, le thon rouge peut atteindre 3 mètres et 600 kilos), capable de nager à 70 km/h et de se déplacer sur des milliers de kilomètres, le thon est aussi un prédateur qui régule les écosystèmes marins. Il est réparti en une soixantaine d’espèces, dont sept ont été classées en 2011 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme menacées d’extinction. La surpêche de thon rouge gras, pour les sushis, a été dénoncée au début des années 2000. Les stocks avaient diminué …

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