4min

Banzaï dans la discothèque

Tube planétaire. Les Yamasuki étaient belges.

Comment un titre belge en pseudo-japonais a conquis les pistes de danse de la planète et donné naissance au groupe le plus glamour de la new wave.

Plus fort encore que la folle histoire de Jean Vanloo, ce maître-nageur mouscronnois qui tutoya Jimi Hendrix et produisit le hit planétaire Born to be alive ? Une rencontre sous acide entre un titre écrit en yaourt japonais, des sans-papiers africains et le sommet des charts.

Retour en 1971. Alors que Miles Davis sort son démoniaque « Live-Evil », un petit label belge, Biram, balance « Le Monde fabuleux des Yamasuki ». Autre ambiance. Quoique. Samouraï sur la pochette, lexique des mouvements à réaliser au verso, cet album de « danse japonaise » mixe rythmes jazz et funky, guitares psyché, grosse caisse vaporeuse, cris de guerre et chœurs d’enfants. Les kids belges sont en transe. Les Nippons, eux, se font hara-kiri. Ces douze chansons en japonais sont, pour eux, incompréhensibles.

Les coupables se nomment Daniel Vangarde et Jean Kluger. Le premier, de son vrai nom Bangalter (oui, c’est le père du « Daft Punk » Thomas), est un jeune parolier français. Le second est Belge et a produit quelques hits pour le marché flamand ou allemand. Il rêve d’élargir ses horizons. En 1968, il sort une première bombe ethnique kitsch – Casatschok par Dimitri Dourakine et sa reprise signée Rika Zaraï– et le monde entier se met à danser ce boléro ukrainien.

À l’instar du futur tube Kingston, Kingston de Lou & The Hollywood Bananas, les producteurs belges des années 70 excellent dans la pop exotique. Quitte à piller la terre entière. « Après ce gros succès, se souvient Kluger, 84 ans, je cherchais une autre …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2974 membres et 1715 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus