13min

Une vie rustique, une mort tragique

momentflam1.jpg

Le journaliste Chris De Stoop

Frederik Buyckx. Tous droits réservés.

À Saint-Léger, un village agricole aux abords de Mouscron, deux mondes qui s’ignorent sont entrés en collision. Le journaliste-écrivain flamand Chris De Stoop signe un livre magnifique sur le meurtre de son oncle Daniel, agriculteur, par des jeunes marginalisés. De Standaard est allé à sa rencontre.

« C’est ici qu’il repose, enserré entre le réservoir d’eau et d’autres tombes de pauvres. » Nous sommes au cimetière de Saint-Léger, sur la commune d’Estaimpuis, près de Mouscron. L’auteur Chris De Stoop m’a emmené sur la tombe de son oncle Daniel Maroy. Au milieu d’une demi-douzaine de croix de bois à la mémoire de pauvres hères morts sans le sou, entre les orties et autres plantes sauvages qui s’immiscent parmi les sépultures, Maroy est le seul à avoir une pierre tombale de marbre. Sous la date de décès, une simple phrase qui éveille, à dessein, des questions : « Une vie rustique, une mort tragique. » Chris De Stoop a fait placer la pierre l’année dernière : « Je suis content qu’il repose ici, au pied des murs médiévaux de la ferme du Temple, où sa tante a travaillé toute une vie de fermière. Mais je voulais inviter les visiteurs à s’arrêter sur son sort. D’où cette phrase. La blessure peut guérir, mais la cicatrice reste bien là. »

Un samedi soir de mars, il y a six printemps, Daniel Maroy, 84 ans, avait été cambriolé, battu et assassiné par une bande de jeunes blancs-becs. Comme chaque samedi, il était allé faire quelques courses chez Colruyt, à un kilomètre et demi de sa vieille ferme en carré. Un steak – blanc bleu belge –, un casier de Rodenbach, une poignée de chicons. Sur le chemin du retour, prenant appui sur son vieux vélo, il avait fait halte à la boucherie d’Yvette, qu’il avait en vain …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Il suffit de cliquer sur le bouton blanc, ci-dessous.

Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période découverte (bouton jaune) vous donne gratuitement accès à l’ensemble de nos articles durant 15 jours, sans engagement.

Ensuite, si vous estimez que notre travail journalistique indépendant (vous) est utile, vous pourrez toujours nous apporter votre soutien en vous abonnant. Merci

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3522 abonnés et 2106 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus