11min

Les poules aux œufs d’or

normalement ok_CMJN_2.jpg
Sarah Fabre. CC BY-NC-ND.

Pour les Poule-au-vent, c’est la lutte finale. Ce comité de riverains de Durbuy pilonne un projet de poulailler de 40 000 crêtes pondeuses « bio ». Un combat à coups de menhir, de pétitions et d’études karstiques contre un investisseur flamand, qui révèle les tensions à l’œuvre dans la volaille. Un secteur que la Région wallonne s’est juré de développer.

Il ne sait plus si c’était en 2018 ou en 2017. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il avait trop mal à un genou et qu’il était temps de s’arrêter. La douleur qui l’assaillait depuis le placement d’une prothèse, et sa santé en général, ne lui permettait plus de s’occuper de sa ferme, à Izier, petit village de 500 âmes planté sur un plateau, à quelques kilomètres au nord de Durbuy. Et puis l’agriculture conventionnelle, la pollution, les pesticides, ça avait commencé à le dégoûter un peu du métier, déjà. Philippe Paquay a glissé le mot à son notaire : ses terres étaient à remettre. Depuis ses 14 ans, il travaillait à la ferme. La soixantaine approchant, il était temps de raccrocher la fourche.

Un moment, le fils du cousin de l’agriculteur, était partant. Mais il ne voulait pas reprendre les bâtiments. Trop vétustes. Impensable, pour Paquay. Tout devait partir. Que pouvait-il en faire ? Le notaire, bien connecté dans la région, ramène un candidat. Il est Flamand, il « a l’air d’avoir beaucoup d’argent » et possède un « petit château » dans les environs, comme dit Philippe Paquay. Bart Lavent, ce candidat, lui rachète une quinzaine d’hectares. Il en récupère quatre autres chez le beau-frère de l’agriculteur et accumule des promesses de vente sur les parcelles restantes.

Objectif de ces rachats d’hectares : bâtir un poulailler bio de 39 931 poules pondeuses, avec un parcours extérieur pour qu’elles se dégourdissent les cuisses sur quatorze hectares. Densité visée : neuf …

Merci pour votre curiosité

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c'est un cadeau. Nous voulons que Médor touche le plus large public possible. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2998 membres et 1409 coopérateurs

Médor est un média indépendant. Notre site ne contient pas de pub. Toutefois, il utilise quelques cookies pour faciliter son utilisation. Lisez notre politique de cookies pour en savoir plus.
En savoir plus