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Il n’y a pas de petits profits

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Steve Michels.

Un bras de fer autour des crédits logement oppose depuis près de 10 ans une ancienne gérante d’agence bancaire au groupe Crelan (ex-Crédit agricole). Beya Merad est devenue avocate pour se défendre mais surtout pour plaider la cause des clients abusés et qui n’osent pas affronter une banque en justice. Itinéraire d’une opiniâtre.

Tribunal de commerce de Bruxelles, 15 octobre 2009. L’avocat Jean-Pierre Buyle arrive en retard à l’audience. Il enfile sa toge tout en marchant. « Avec deux collègues et un client venus me soutenir, nous avons entendu la porte de l’arrière-salle d’audience s’ouvrir », explique Beya Merad. Une voix s’est adressée à Buyle : « Allez, mon ami, on n’attend plus que toi ! C’était le juge qui, en me voyant, a aussitôt fermé la porte. Je savais que, pour moi, c’était cuit. » Beya Merad ne comprend pas bien ce qui lui arrive.

Elle ne connaît pas encore cette notion de droit, qu’elle surlignera cent fois, quelques années plus tard, quand elle aura entamé des études pour devenir avocate : « Les juges ont une obligation d’impartialité mais aussi d’apparence d’impartialité. » Mais pour l’instant, elle se contente de rester bouche bée. Est-ce ce jour-là qu’elle décide de choisir l’image de « Don Quichotte » pour illustrer ses cartes de visite ? Se dit-elle, à cet instant, qu’elle aurait peut-être mieux fait de tout laisser tomber et de partir élever des chèvres dans le Larzac, plutôt que de se retrouver aujourd’hui, devant un tribunal, quasi seule face à un grand groupe bancaire ?

Le procès qui s’ouvre ce 15 octobre 2009 oppose donc Beya Merad au Crédit agricole. Un bras de fer mêle depuis près de 10 ans cette ancienne gérante d’une agence située à Profondeville, en province de Namur, au groupe bancaire. Motif : une irrégularité dans le …

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