14min

Marc Van Montagu : Un ambassadeur de très bonne volonté

vanmontagu-4.jpg
Colin Delfosse. Tous droits réservés.

Le « père » des plantes génétiquement modifiées est Belge. Et il a transformé sa ville, Gand, en centre européen des biotechnologies. À 82 ans, l’infatigable Marc Van Montagu continue d’arpenter le globe pour promouvoir les OGM, solution selon lui au changement climatique et à la faim dans le monde. Son parcours symbolise à outrance l’emprise croissante de l’industrie sur la recherche publique au cours du dernier quart de siècle.

Les navetteurs qui font le trajet de Bruxelles-Midi à Gand l’aperçoivent parfois sur la voie 2, silhouette discrète qui accuse le poids des ans, mais à la démarche encore vive. Avec son costume sobre, ses petits yeux plissés et curieux, Marc Van Montagu ne se presse pas ; la cité des Comtes est bien desservie, avec un train toutes les quinze minutes. Il avance au rythme de ce poème d’Henri Michaux qu’il aime tant, La ralentie. « On a tout le temps. On déguste. On rit dans son poing. » Une invitation à la lenteur qui prend tout son sens quand on a 82 ans. Les autres passagers ne le savent pas, mais ils partageront peut-être leur banquette avec l’un des pères fondateurs des biotechnologies végétales, ces OGM si controversés. En deuxième classe, sauf si le train est trop bondé.

Sous le ciel de Floride

Tandis que les plaines flamandes défilent par la fenêtre, se souvient-il parfois du moment où il a présenté sa découverte au monde ? C’était à Miami, en 1983, lors d’un symposium de biologie moléculaire. Il avait fait le voyage en compagnie de son collègue et ami Jozef Schell, autre pointure scientifique flamande, aujour­­d’hui décédé. Ensemble, ils avaient mis au jour ce principe qui promettait de révolutionner la science végétale : une bactérie du nom d’agrobacterium tumefaciens pouvait être utilisée comme véhicule pour transférer un gène étranger dans une plante, ouvrant la possibilité de lui conférer une propriété qu’elle n’avait pas auparavant. Par exemple, …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2821 membres et 1727 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus