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SNCB : quand l’intégrité déraille

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Dave Lander. Tous droits réservés.

À qui profitent les nouvelles gares de Mons, Liège, Namur, Gand ou Anvers ? Aux navetteurs, peut-être. Aux promoteurs immobiliers, sûrement. Alors que la justice s’intéresse à un système d’« enveloppes » et de « racket », certains administrateurs de la SNCB-Holding semblent s’être livrés à de troubles pratiques. Parmi eux, un protégé d’Elio Di Rupo. Et un proche de Didier Reynders.

Il a débarqué tel un play-boy. Le teint hâlé, la dégaine d’un acteur. C’était un vendredi matin d’octobre 2009. « Le conseil d’administration de la SNCB-Holding commençait à fonctionner, même s’il était empêtré dans les soucis financiers. Ce jour-là, un petit nouveau est arrivé, raconte un administrateur de cette société publique qui essaie alors, sans grand succès, de coordonner les chemins de fer belges. Chacun s’est tu, le temps de toiser l’animal. Nous savions qu’il s’agissait d’un protégé d’Elio Di Rupo. Son médecin, disait-on. Certains ricanaient… Tous se demandaient ce que venait faire cet intrus parmi nous. Les coulisses du pouvoir sont terribles, vous savez. Un mot, un geste, et vous voilà enfermé dans une caricature. Pour notre nouveau collègue, c’était facile : Robert Redford était parmi nous. »

Ce parachuté roulant des mécaniques porte un nom ordinaire. Joris. Luc Joris. Il fêtera ses 60 ans à Noël. Mais son beau voyage en train s’est achevé comme il avait commencé : par une porte dérobée. L’administrateur Joris a été forcé de démissionner de tous ses mandats en mars dernier. Au service de l’État dans plusieurs sociétés à capitaux publics, l’intrigant développait en parallèle des activités de consultance financière au Luxembourg via la société Bremco Management, qu’il avait fondée en avril 2011. Joris avait manifestement des choses à cacher : sinon, pourquoi aurait-il fui par l’arrière de sa maison lors d’une perquisition avortée, à la fin de 2014 ? À la même période, l’administrateur délégué Jo Cornu commençait à suspecter …

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