Explication des chiffres 2020

Le plan financier et le budget 2020

C’est un plan ambitieux et risqué que l’on a choisi de vous présenter, mais c’est celui qui correspond le plus à notre ADN. Il traduit en effet le pari que le renforcement de la mission de Médor et l’augmentation de son impact passent, d’une part par une augmentation de son lectorat, et d’autre part par une implication plus importante de celui-ci.

Il traduit aussi la confiance que les fondateurs et le CA ont dans le projet tel qu’il a été réfléchi à la base. La crise du coronavirus nous le démontre. Notre modèle (basé principalement sur les ventes et les abonnements) semble résilient et le choix de son développement (via le web) y participe. En effet, malgré les pertes liées à la diminution importante de nos ventes en librairie pendant la période de confinement, la courbe des abonnements s’est redressée ces derniers semaines (au moment ou nous écrivons ces lignes, nous dépassons même nos objectifs).

Toutefois, la stabilité du projet n’est pas encore atteinte et les années à venir seront cruciales pour assurer la viabilité du projet tel qu’il a évolué.

Concrètement, donc,

Le plan financier se base sur une augmentation de recettes de 8 à 12% par an.*

Ce pourcentage a été calculé de la manière suivante :

  • le comportement des personnes qui nous lisent depuis la mise en place de la nouvelle plateforme web : la variation globale de la prise d’abonnements et le taux de réabonnement, notamment, ont été analysés de près.
  • le comportement commercial et notamment le taux de pénétration de projets semblables au nôtre à l’étranger (en Belgique les projets médiatiques sont trop différents du nôtre pour permettre une comparaison). Deux d’entre eux ont fait l’objet d’une analyse plus fine : Médiacités (FR) et De correspondent (NL).
  • le succès de certaines campagnes, comme la carte cadeau de fin d’année.

Les coûts ont été calculés sur base des activités suivantes :

  • sortie de 4 Médor papier en tenant compte d’une augmentation du tirage et des frais de livraison plus élévés en fin d’année.
  • 5 thématiques à développer en parallèle sur le site medor.coop + quelques exclusivités hors catégories
  • un noyau de rédaction, coordonnée de manière tournante en trio pour les journalistes et en duo pour les graphistes
  • des actions de participation et une coordination de 3/5 ETP
  • des actions de communication et une coordination 4/5 ETP
  • une sous-traitance de 20.000€ TTC à une agence de communication/marketing
  • la direction, la gestion et la coordination de Médor par une fakira 5/5 ETP aidée ponctuellement pour l’encodage des factures.

L’augmentation du budget marketing, mais surtout le choix de passer par une agence ne s’est pas fait sans débat. Comment en effet, pouvoir déléguer cet aspect si sensible de Médor à un secteur qui nous paraissait a priori trop éloigné des valeurs que nous défendons et de notre éthique de fonctionnement ? Jusqu’où étions nous prêt·e·s à aller pour rendre visible notre projet et donner aux gens l’envie de nous soutenir ? Le débat s’est finalement apaisé quand nous avons tout simplement décidé de déléguer la partie du métier pour laquelle nous avions le moins de compétences (nous rendre visible vers un public qui ne nous connaît pas ou très peu et tâcher de pousser ce public à l'action) et de miser sur une agence prête à jouer le jeu d’une méthodologie par étape et partagée. Un budget de 20.000€ y est réservé.

Sur le long terme, cela donne

Une fragilité accrue pour les années à venir. Les pertes escomptées pour les années a venir sont en effet de -131.041€, -68.421€ et -26.209€

Pour permettre de financer ces années difficiles tout en gardant notre indépendance, nous misons principalement sur la deuxième phase de la recapitalisation. Nos calculs démontrent que nous avons besoin de récolter 80.000€ pour continuer à avoir les fonds nécessaires pour travailler (et donc payer les factures) et anticiper un gros changement de cap si besoin. Pour rappel, notre convention avec la Sowecsom étant établie sur deux ans, la somme récoltée grâce à la seconde phase de recapitalisation sera doublée fin 2020. Si cela ne suffit pas, un prêt à la banque et/ou un prêt subordonné (sans demande de garantie) est envisagé via des organismes financiers comme Financité.

Conclusions

Nous vous présentons un plan financier risqué, nous le savons. Mais il a été réfléchi et reflète à 100 % notre ADN et nos valeurs qui ont à nos yeux autant d’importance que notre mission et notre survie commerciale. Les discussions pour le construire ont été parfois passionnées, mais toujours passionnantes et constructives. Et puis, comment pouvons-nous vouloir changer le monde, sans prendre de risques ?

*Entre mai 2019 et 2020 : le nombre d’abonnement payant a augmenté de 17%

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