9min

Armes belges vers l’Arabie Saoudite : exporter coûte que coûte

Episode 1/2

image0.jpeg
Lucile Germanangue. CC BY-NC-ND.

La Région wallonne a autorisé des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, en plein conflit sanglant au Yémen. Une fuite inédite de documents jette un éclairage cru sur ce choix effectué au nom de l’économie wallonne, mais au détriment des droits humains.

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la Région wallonne : les informations sur les exportations d’armes effectuées par les entreprises du sud du pays ne sont communiquées au public qu’avec parcimonie et de façon très édulcorée.

La Commission d’avis consultée sur les demandes de licences d’exportation les plus problématiques ne rend des comptes qu’au ministre-président et à lui seul.

Ses membres, qui sont screenés par la Sûreté de l’État avant de prendre leurs fonctions, sont tenus de respecter une stricte confidentialité. Ils s’exposent à des poursuites pénales en cas de divulgation. Contacté par Médor au téléphone, l’un d’eux coupe court à toute question. « Je dois interrompre la discussion. Ou alors il me faudrait un avocat. »

Le ministre-président lui-même, quand il approuve des licences, ne rend pas sa décision publique, ni l’argumentation détaillée qui la sous-tend. Tout au plus, les députés wallons reçoivent-ils une fois par an (et avec beaucoup de retard) un rapport annuel – précédé de rapports intermédiaires consultables sous le contrôle des services du greffe, sans possibilité d’en emporter une copie - donnant quelques tendances générales.

« La sous-commission n’a aucune information, hormis les rapports intermédiaires et annuels, explique Nicolas Tzanetatos (MR), qui fut président de la sous-commission de contrôle des licences d’armes au parlement wallon – à ne pas confondre avec la Commission d’avis. Nous sommes en quelque sorte …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2518 membres et 1730 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus