L’exil sans sexualité
Faire l’amour dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile, ce n’est pas interdit. Mais dans la pratique, c’est presque impossible. Une absence d’intimité qui rend le parcours migratoire un peu plus lourd à supporter.
À leur arrivée en Belgique, les personnes migrantes se cognent à : des procédures administratives sans fin, un logement précaire, les traumas de l’exil et le racisme. Dans ce contexte, la sexualité passe souvent au second plan. Pourtant, l’intimité est aussi un droit essentiel au bienêtre. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Il régit donc le droit pour tous et toutes à une vie affective, intime et sexuelle. Dans le système d’accueil en Belgique, ce droit peine pourtant à être garanti, relégué derrière l’urgence et le manque de moyens.
L’intimité face au collectif
Tamer est un réfugié gazaoui reconnu depuis peu. Durant sa procédure, il a vécu dans quatre hébergements différents : « En fonction du centre, j’ai partagé ma chambre avec trois à douze personnes et les visites étaient toujours interdites, il n’y avait pas d’intimité. J’ai un ami qui avait une relation avec une autre fille de notre centre Fedasil, ils s’arrangeaient pour que les colocataires de la fille partent quelques heures pour avoir un moment intime. Si la direction avait su, elle les aurait surement expulsés. » Dans la plupart des structures d’accueil, il n’est pas interdit d’avoir une activité sexuelle, mais d’autres règles limitent cette possibilité : visites en chambre régulées, respect du sommeil et de la vie privée. Enfreindre une …