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Les journalistes se (la) racontent

En 2026, les podcasts parlent de nos grands-mères, les BD de nos vies intimes et les docus de nos photos de famille. Jadis, l’idéal journalistique exigeait que l’auteur s’efface derrière son sujet. Que nous est-il arrivé ?

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Jérôme Degive. CC BY-NC-ND

« Il y a six ans, mon compagnon me dit qu’il ne souhaite plus avoir d’enfant. » La journaliste Lucie Tesnière lance son podcast (Juste une femme) consacré aux femmes qui n’ont pas d’enfants par un témoignage fort. Le sien.

« Ma mère Nathalie mourra dans deux ans. Mon fils naitra dans neuf mois. » La caméra de Caroline Guimbal ne fait pas 50 fois le tour du monde : la documentariste explore la vie de sa mère, avant qu’elle ne meure et que naisse son enfant (L’éclipse de la lune rouge).

« Mon ami Michel me tend un paquet. Cinq carnets. » Les notes de tranchées de son grand-oncle. « C’est toute une famille que j’accueille, sans le savoir, dans ma maison. » L’écrivaine Violaine Lison commence une vaste enquête historique et littéraire (« Lequel de nous portera l’autre ? ») qui mêle sa voix à celle d’un soldat inconnu.

Ces trois exemples sont tout récents (2026). Nous pourrions en trouver plein d’autres. Partout, des auteurs (et surtout des autrices) ne se contentent plus de mener des enquêtes mais nous en dévoilent les coulisses, se positionnent dans leurs récits, voire s’emparent de leurs propres histoires de famille.

Ce mouvement touche depuis plusieurs décennies l’anthropologie, la sociologie, l’histoire ou encore la littérature du réel et, depuis belle lurette, le cinéma documentaire. Mais ce qui est neuf, c’est l’ampleur inédite du phénomène et le fait qu’il touche désormais les journalistes – un métier spécifique, …

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