Du miracle à la débâcle ?
Capter le carbone
Texte (CC BY-SA) : Quentin Noirfalisse
Illustrations (CC BY-NC-ND) : Gwénola Carrère & Gwénola Carrère
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Capter le CO2 et le mettre sous la mer du Nord pour réduire les émissions des usines : c’est la hype du moment. En Belgique, le gratin de l’industrie déclare s’y mettre : BASF, Total Énergies, Holcim et d’autres. Le tout grâce aux centaines de millions d’euros d’argent public venu de l’Union européenne. Avec son chantage aux subsides et son flou économique, le captage de carbone ne ressemble pourtant pas au miracle vert qu’on nous vend.
Vous ne le saviez sans doute pas, mais le 7 novembre 2025 a été une journée « historique » pour la Belgique. L’adjectif est de Frédéric Panier, le patron des patrons wallons, ancien de chez McKinsey. Ce jour-là, il était à Obourg (Mons), sous un chapiteau en plastique blanc, aux abords de l’usine du cimentier suisse Holcim. À ses côtés, prêts à se congratuler, se tiennent les ministres-présidents des Régions wallonne et flamande, Adrien Dolimont (MR) et Matthias Diependaele (N-VA), avec une palanquée de capitaines d’industrie. Ils représentent, pêlemêle, BASF, Total Énergies, Air Liquide, Ineos, Holcim et l’autre cimentier Heidelberg. Tous sont là pour signer un document rempli de très belles intentions au nom diablement technique : la Déclaration conjointe pour lancer la chaine de valeur CCS en Flandre et en Wallonie. Qu’on appellera, pour simplifier, la Déclaration de Mons.
CCS, pour les novices, cela ne veut pas dire Cellules combattantes socialistes, mais bien Carbon Capture and Storage. Donc, captage et séquestration de carbone. Un terme qui a le vent en poupe autant chez les industriels censés décarboner leurs activités que chez les décideurs politiques européens. L’Europe vend le CCS comme un moyen « crucial » d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et de limiter le réchauffement à 1,5 ou 2 degrés. Alors, elle soutient la filière et …