La procédure aura duré six ans. En 2019, l’entreprise Socfin (détenue par le groupe Bolloré et Hubert Fabri) attaque Médor et son journaliste Cédric Vallet devant la justice pénale luxembourgeoise. Des milliers d’euros, des auditions, des inculpations et des heures de défense et de stress plus tard, la justice ordonne un non-lieu, le 30 avril dernier. Médor dénonce une procédure-bâillon.
6 mars 2019 – Médor publie sur son site l’enquête de Cédric Vallet « Socfin/Cambodge : les terres rouges des Bunongs perdues à jamais ». L’article raconte comment Socfin, géant de l’huile de palme et du caoutchouc, détenu par le milliardaire belge Hubert Fabri et le groupe Bolloré, a obtenu de l’État un bail sur des terres forestières occupées par une minorité autochtone (Bunongs), pour y planter des hévéas, les arbres à caoutchouc. Médor évoque alors une « concession litigieuse sur laquelle flottent des soupçons de corruption ». L’auteur de l’article, Cédric Vallet, est un journaliste chevronné, avec qui Médor travaille régulièrement. Pour cette enquête, il a voyagé dans la région du Mondolkiri, rencontré des avocats, des habitants du village de Busra, des associations, des responsables d’administrations locales et nationales, et d’anciens travailleurs de l’entreprise. Des membres des Nations unies et d’ONG internationales ont également été interviewés. Un entretien contradictoire a été mené avec Socfin. Un travail rigoureux, effectué dans le strict respect des règles de la profession, et édité par Médor.
25 février 2021 – Cédric Vallet est auditionné par la police judiciaire de Luxembourg. Il y apprend que Socfin a porté plainte le 6 juin 2019, suite à son article. Cette plainte porte sur deux aspects : les allégations de corruption et la notion « d’accaparement des terres » et même de « conflit foncier », pourtant avéré et documenté depuis 2009. La question de l’accaparement des terres est un sujet très sensible pour Socfin et, au-delà, pour le groupe Bolloré qui a pour habitude …