Groupe Rossel : Médiavore belge
Rossel
Illustrations (CC BY-NC-ND) : Gabri Molist
Textes (CC BY-NC-ND) : Olivier Bailly & Quentin Noirfalisse
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En 2026, le groupe de presse Rossel avalera son concurrent IPM. Les cinq quotidiens traditionnels de la Belgique francophone lui appartiendraient. Monopole ? Mal nécessaire face à Facebook, Google et autres géants du numérique ? Mauvaise nouvelle en tout cas.
Sixième étage dans les bâtiments du groupe Rossel, rue Royale, à Bruxelles. Cheveux gris et teint bronzé, Bernard Marchant arrive sans notes, sans assistant. Pas besoin. Stratégie digitale, positionnement dans le secteur publicitaire, valeurs de la boîte et histoires de familles. L’administrateur délégué (CEO) connaît son groupe par cœur. Et sur le dernier dossier, la très probable absorption d’IPM par Rossel, il ne tergiverse pas.
Médor – Vous avez fait le tour du propriétaire d’IPM ? Vous savez exactement ce que vous reprenez ? Paris-Match est dans le deal ?
(Il interrompt) – En fait, c’est tout, sauf la radio et la télé.
Ce « tout », c’est L’Avenir La DH, la Libre, Paris-Match Belgique, Moustique, Télé Pocket qui rejoignent Le Soir, Sudinfo, Soir mag, Ciné-Télé-Revue, Vlan, GrenzEcho, RTL (à 50 %) et L’Écho (à 50 % avec Mediafin) dans l’escarcelle de Rossel. Soit, à terme, 94 % de l’audience de la presse écrite belge francophone. Oui. 94 %.
En 2020, trois groupes de presse quotidienne francophone existaient (Rossel, IPM, Éditions de L’Avenir). En 2026, il n’en restera plus qu’un.
Vous avez dit « monopole » ? L’annonce officielle en juin 2025 parle plutôt d’« unir les forces » des deux groupes. Mais, dans les faits, IPM est gobé et son actionnariat ne pèsera que 10 % dans ce Rossel matamoresque.
Rossel, c’est quoi ?
D’abord, c’est un groupe familial (Rossel Invest) qui a dégagé 49 millions d’euros de bénéfices …