DPG Media : Merci beaucoup, Monsieur Van Thillo
« Si je ne défendais pas la presse libre, qui le ferait ? » Cette citation de Christian Van Thillo en première page du Standaard, le samedi 5 juillet 2025, n’a malheureusement rien d’une expérience satirique. Nous devons croire l’homme fort de DPG Media sur parole : la concentration sans cesse croissante des médias entre ses mains est une bénédiction pour la Flandre et les Pays-Bas.
Si le grand patron du premier groupe de presse des plats pays accorde un entretien à De Standaard, De Tijd et NRC Handelsblad le même week-end, c’est forcément que quelque chose se trame. Car Christian Van Thillo donne peu d’interviews et, quand il en donne, c’est dans un but bien précis.
Il n’en était pas autrement cette fois. Van Thillo a convoqué les trois derniers journaux de qualité qui manquent à son portefeuille pour les entretenir du rachat de RTL Pays-Bas. La décision de l’autorité néerlandaise de la concurrence s’est longtemps fait attendre, mais le feu vert a finalement été donné à cette nouvelle avancée dans le processus de concentration des médias. DPG détient désormais aux Pays-Bas ce qui est sien depuis longtemps en Flandre : le Saint-Graal d’un solide ancrage dans les trois principaux secteurs médiatiques, à savoir la presse (et les sites d’actualité), la radio et la télévision.
La façon dont les trois journaux ont rapporté les vues de l’homme sur les médias montre bien l’effet du phénomène de concentration et le problème qu’il pose pour toute démocratie qui se respecte : l’absence de questionnement critique du pouvoir.
Dans la partie introductive de son interview, De Tijd a résumé le propos de Van Thillo d’une manière qui aura même ému l’intéressé : « Le rachat de RTL Pays-Bas enfin approuvé, le patron de DPG …