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« Vous allez vraiment parler de masturbation ? »

Deux ans après la campagne anti-Évras

La campagne anti-Évras de 2023 et son flot de fake news ont laissé des traces. Deux ans après, dans les écoles, on se retrousse encore les manches pour apaiser les peurs.

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Pauline Lecerf. CC BY-NC-ND

Depuis 2023, un étrange phénomène frappe certaines écoles primaires. Celui des chaises vides, pile le jour des animations Évras (Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) en classe. Chloé Collette, coordinatrice du planning Infor Femmes de Liège et animatrice Évras, observe ce syndrome régulièrement. « Pour que ça ne se reproduise pas, on préconise aux écoles d’expliquer que l’Évras fait partie du programme scolaire, mais sans donner de dates précises. » Parce que selon elle, ces chaises vides ont des effets délétères : « Les jeunes absents aux animations peuvent ensuite entendre une version dénaturée ou seulement les éléments les plus “choquants” dans la cour de récré. »

Les animations Évras étant des lieux d’échanges et de partage, certains élèves peuvent évoquer des sujets comme des changements dans leur corps, des scènes sexuelles auxquelles ils et elles auraient été confrontés parfois sans le vouloir, ou même différentes formes d’abus. « On parle d’intime, donc les enfants qui n’entendent que les bribes de la cour de récré peuvent se retrouver en difficulté et en incompréhension par rapport à celles et ceux qui ont assisté à l’animation et avec qui nous avons débattu et discuté dans un cadre safe… »

Certes, les élèves ont tous le même âge, mais à chaque classe, sa réalité. « Dans la même semaine, je peux avoir une animation où les sixièmes posent des questions précises sur la sexualité et une autre où, quand on évoque le mot “poil”, tout le monde est en mode “oh, oh, uh, …

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