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Quand les journalistes mentent

Caméra cachée ou infiltration, la technique « undercover » fascine et révulse. Selon les règles de la profession, elle doit être une exception. Mais les journalistes masqués se multiplient. Cette pratique se serait-elle doucement banalisée ? Et à partir de quand le journaliste abuse-t-il ?

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Pauline Lecerf. CC BY-NC-ND

Jonas Marko et Ayrton Jacquemin sont en chemin. Ils se rendent à leur premier rendez-vous avec le groupe d’extrême droite Nation. La tension gagne le duo de journalistes. « En lançant l’enquête, il y a une forme d’allégresse. Puis tu vas à ta première rencontre, tu es dans la voiture et cela devient très concret. » Ayrton Jacquemin reçoit un appel : c’est le chef de la jeunesse Nation… qui le questionne sur ses convictions « nationalistes ». Le journaliste se compose un personnage, à l’improviste. À l’arrivée du duo d’infiltrés, cinq types version « militaire » sortent d’une voiture… C’est parti pour une enquête « undercover » (publiée dans le Médor n°38, mars 2025).

Mais de quoi parle-t-on ?

La technique « sous couverture » consiste à ne pas dévoiler son identité de journaliste. Éventuellement à en endosser une autre. Elle peut se décliner en une caméra cachée d’une demi-heure ou une infiltration de deux ans.

Elle est surtout une exception. La règle déontologique veut que le ou la journaliste annonce toujours son identité professionnelle. Avancer masqué peut relever de la faute professionnelle. Pourtant, dans de rares cas, on peut mentir… Mais quand ?

En Belgique, la réponse se trouve dans l’article 17 du Code de déontologie journalistique.

La dissimulation de sa qualité de journaliste, la tromperie sur le but de son intervention ou l’usage d’une fausse identité sont considérés comme méthodes déloyales sauf si quatre conditions sont rencontrées :

  • l’information recherchée est d’intérêt général et revêt de l’importance pour la société ;
  • les méthodes utilisées sont validées …

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