Justice de près
À la chambre de violences conjugales (CVC)
Photos (CC BY-NC-ND) : Laura Collard & Youqine Lefèvre
Texte (CC BY-NC-ND) : Catherine Joie
Publié le
Arrivé dans la magistrature sur le tard, Étienne Davio a créé la première chambre de violences conjugales (CVC) de Belgique francophone, au tribunal de Charleroi. Orienté solutions, il développe une justice restaurative, qui cherche l’apaisement et le dialogue avec les prévenus et les victimes. Pour éviter la récidive.
« Comment allez-vous ?
– Mieux.
– Mieux par rapport à quand ?
– Au début du mois. »”
Ensuite, Étienne Davio creuse gentiment : le boulot, les consommations, la santé, le couple.
À un autre prévenu qui monte lentement à la barre, car sa jambe est plâtrée : « J’ai lu dans le dossier que vous êtes tombé d’un échafaudage… Ça va ? » Oui, répond l’homme. Il a repris la vie commune avec sa compagne, qui a été victime de ses gestes ultra-violents, ce qui l’a amené ici, au tribunal correctionnel de Charleroi, pour violence conjugale et atteinte à l’intégrité physique d’une personne. Étienne Davio, en toge et au centre du tribunal, prend note, puis demande :
« – Et l’abstinence à l’alcool ? Ça change quelque chose dans votre quotidien ?
– Oui, je me sens beaucoup mieux. J’ai même arrêté de fumer.
– L’avantage de la justice… (Le juge sourit) Elle vous aura même fait arrêter la cigarette. »
Lorsque « les feux sont au vert », aime préciser Étienne Davio, le dossier est renvoyé en confiance à la prochaine audience de contrôle, le mois suivant. S’ils sont au rouge, le ton change. À un troisième homme, père de famille, jugé pour coups et blessures, qui ne se souvient « que des claques » portées sur sa compagne et dit avoir oublié le reste (les menaces au couteau de cuisine, la peur infligée), Étienne Davio partage son inquiétude pour les bières bues …